Là où Yellowstone et surtout 1883 nous avaient séduit par leur aprêté et leur violence sèche, servies par des acteurs impeccables et sans fioritures, ce second prequel quatre décennies plus tard et alors que le capitalisme prend son essor, est malheureusement beaucoup moins enthousiasmant.


Certes il reste le contexte, l'ambiance rurale des États-Unis du début du 20ème siècle et les paysages subliment filmés qui continuent à nous emporter, ainsi que quelques personnages purement machiavéliques (Donald Whitfield notamment joué par un Timothy Dalton méconnaissable, et Banner Creighton interpreté par l'anglais Jérome Flynn.


Tout cela est malheureusement en partie gâché par deux histoires sentimentales qui semblent se répondre d'un bout à l'autre de la Terre, mais dont aucune ne réussit à nous convaincre.


Celle tout d'abord du neveu Spencer expatrié en Afrique coloniale en tant que chasseur de fauves, avant d'y faire la rencontre passionnée de celle qui semble son alter-ego l'anglaise Alexandra. Il y a de bons passages plutôt enjoués et le contexte africain a le mérite d'apporter une bouffée d'exotisme, mais tout cela est dépeint de façon tellement neuneu et caricaturale (le jeu de Spencer notamment, genre beau gosse supra-viril et taiseux) qu'on a parfois l'impression d'assister à une mauvaise série B sentimentale, totalement décalée par rapport à l'univers de la série.


Pendant ce temps au Montana, l'idylle des deux jeunes Jack Dutton et Elizabeth n'est pas plus convaincante. Les deux acteurs manquent chacun à leur manière de tempérament et leurs sentiments sont à tel point décrits comme une bluette romantique à l'eau-de-rose que c'en est parfois gênant de fadeur. On a vraiment du mal à y croire vu le contexte culturel et social dur et violent dans lequel ces deux personnages sont censés avoir grandi. C'est trop gentillet, presque ridicule par moments.


Il reste heureusement une autre histoire dans l'histoire beaucoup plus passionnante, celle de la jeune indienne Teonna qui impressionne par la véracité de son jeu, et par le rappel de la cruauté abjecte de la colonisation des peuples autochtones d'Amérique du Nord par un clergé qui pratiquait une violence extrême au nom de "valeurs catholiques" en réalité totalement dévoyées. Ce sont sans doute les meilleurs passages de la série, parfaitement saisissants et d'ailleurs plus proches de l'univers de 1883.


Tout cela fait donc de 1923 un assemblage hétéroclite qui manque de cohérence et de consistance, mais qui reste néanmoins à voir pour les fans de cette longue saga historique.


Ps : cette critique ne concerne que la première saison de 1923, à défaut d'avoir pu visionner la seconde.

Lebretondelest
6
Écrit par

Créée

le 8 févr. 2026

Critique lue 9 fois

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