1923 se veut un western de grande ampleur, un portrait magistral d'une époque rugueuse. Ce qu'elle offre, c'est un Ouest propret, soigneusement coiffé, où les chemises semblent sortir du pressing et où les visages, à défaut d'avoir de vraies rides, portent des expressions apprises par cœur. Ici, pas une trace de poussière sur les bottes, pas une goutte de sueur au front, le Far West y est aussi stérile qu'un plateau publicitaire.

Les paysages ne sont que des images de fond, belles mais creuses, interchangeables avec n'importe quelle carte postale. On ne sent jamais le vent, la chaleur, ou la morsure du froid, juste un décor léché, figé, qui semble n'exister que pour remplir l'écran.

Les personnages, quant à eux, sont des copies carbone, le patriarche ferme mais au grand cœur, la femme d'une force morale inébranlable, le jeune chien fou, l'ennemi qui grince des dents. Pas de surprise, pas de nuance, juste une galerie de clichés usés jusqu'à la corde. Leur profondeur psychologique se résume à quelques phrases solennelles lancées d'un ton grave, comme si parler lentement suffisait à paraître profond.

L'intrigue s'éparpille dans tous les sens, multipliant les arcs narratifs secondaires dont beaucoup pourraient disparaître sans que l'histoire centrale en souffre. Certaines sous-histoires semblent n'avoir été ajoutées que pour cocher des cases idéologiques ou donner un semblant de diversité, au détriment du rythme et de la cohésion.

Et puis il y a cette manie de marteler les spectateurs à coups de malheurs réguliers, comme si le drame devait être mesuré en "catastrophes par épisode". Un procédé prévisible, qui finit par user toute tension dramatique. On devine les coups avant qu'ils ne tombent, et la prétendue intensité se dissout dans une monotonie de malheurs fabriqués.

Au final, 1923 n'est pas la fresque puissante qu'elle prétend être. C'est un produit calibré, assemblé à partir d'une recette connue, huilé pour tourner sans accroc et emballé dans un écrin tape-à-l'œil. Une série qui croit se tenir sur un sommet alors qu'elle piétine sur un terrain plat, confondant lenteur avec grandeur et lissage esthétique avec réalisme...

Genifair
3
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le 13 août 2025

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