Cette série Netflix en 6 épisodes est réalisée par Alex de la Iglesia, un très bon choix. Sa réalisation est précise et efficace. Sa principale influence étant Hitchcock, il connait son affaire et l’a montré plus d’une fois au cinéma (« Le jour de la bête »…). Aujourd’hui, en Espagne, une série de meurtres semble relier toutes les victimes à l’Exposition Universelle de Séville qui a eu lieu en 1992, chacun est retrouvé avec dans la main une figurine de la mascotte de l’exposition. Cette mascotte nommée Curro, un oiseau blanc au long bec rayé en bleu, vert, rouge, jaune et rose, représentant les cinq continents, va d'ailleurs revenir jusqu'à la fin, comme un lien entre le passé et le présent. Un ancien flic alcoolique reconverti comme agent de sécurité privé enquête, aidé par la femme d’une des victimes, morte par accident à la suite d’un des meurtres car se trouvant juste à côté. Iglesia sait parfaitement mettre en scène les lieux qu’il filme et traduire une ambiance, en particulier les vestiges de l’expo qui existent encore aujourd’hui, sur plus de 200 hectares, tous les bâtiments n’ayant pas été réutilisés ou détruits, loin de là. Ca donne une atmosphère assez lugubre et étrange, de jour comme de nuit. Les plongées des protagonistes dans les bas-fonds sont aussi réussies et prenantes. Cette série nous décrit une Espagne rongée par le libéralisme, la corruption et les inégalités. Maintenant, l’intrigue n’est pas novatrice et n'apporte pas de surprise et le dernier épisode, privilégiant l’action à l’atmosphère, se traîne en longueur. Pas mal du tout, mais on se dit à la fin qu’il y avait sans doute mieux à faire en guise de conclusion.