Oui, j'ai honteusement jubilé
Jack a ceci d'intéressant qu'il semble de prime abord imposer des certitudes. 24, on aime ou pas. Ceux qui n'ont pas aimé ne seront pas convaincu par ce reboot, les fans le seront. Jack tranche dans le vif : il est taré, violent, il a raison, il va gagner contre les enfoirés de terroristes. Mais, à bien y réfléchir, Jack est moins binaire qu'il n'y parait à longueur de moults critiques.
Le passage à 12 épisode permet de coller au nouveau canon ; moins d'épisodes, c'est moins cher, plus fun et nous permet de voir plus de séries. Le reboot reprend les canons imposés par cette série culte qui résume bien le basculement d'époque post 2001. On a notre Jack qui n'a pas changé physiquement grâce au botox. Il a raison, le sait, et use de tous les moyens pour mener sa quête, sauver le président des USA même si ce dernier ne le veut pas. Jack est pourchassé, trahi, écoeuré, mais il tient bon la barre. Quand Jack aime quelqu'un, cette personne souffre. Ainsi Chloe O'Brian commence-t-elle la série dans de beaux drap après avoir souffert moults maux à cause de Jack. Rassurez-vous je ne spoalerai rien.
La série sent donc assez souvent le réchauffé ; situations, trahisons, séquence de torture obligatoire, l'infiltré de la saison, le chrono, la course aux cliffhangers; les fusillades, les retournements improbables, les salauds super salauds. A dire vrai les effets spéciaux font même parfois doucement sourire à l'instar de ces explosions de fx ... parfois pitoyables.
Mais pourtant ça marche. Ce Live an other day est loin d'être simplement binaire. Michelle Fairley, traumatisée depuis la mort de Ned Stark, est divinement une belle saloperie. On se prend à plaindre ce pauvre Tate Donvan alias le conseiller Boudreau. Ces deux personnages sont humains et donc imparfaits mais attachant dans leurs logiques. William Devane fait le job en président très Reaganien fin de vie et permet de poser de vrai questions sur l'exercice du pouvoir. Autre approche très intéressante que cette course aux drônes, en attendant les clones. Comme souvent par le passé 24 offre une vision intéressante de la géopolitique actuelle vue du côté occidental, tout en posant des questions aux réponses loin d'être simplistes.
Et puis merde, les 6 derniers épisodes sont assez délirant quant au déroulement des faits qu'il m'a été difficile de ne pas sourire et jubiler devant certaines scènes. Plaisir coupable assumé donc, ce reboot est une bonne porte d'entrée pour les novices en la matière, un bon retour aux sources pour les fans et certainement une grosse merde pour ceux qui n'ont jamais adhéré au principe. Mais ça, Jack s'en cogne les roubignoles sur le coin de la table : c'est un enfoiré de super héros.