"We're from America / Where we eat our youngs..."
"Sept à la maison" est une série de merde. Bon, vous allez vous dire que ça commence fort là, et à la limite, je n'aurais même pas besoin de poursuivre tellement ça saute aux yeux dès qu'on a le malheur de regarder distraitement un épisode. Mais comme je suis pour l'argumentation, et que ça me fait un peu plaisir aussi, je vais continuer.
Alors, pourquoi tant de haine ? J'avoue ne pas trop savoir par où commencer. Et pourquoi pas par le début, tiens ? Vous savez, ce générique infâme et gentillet gospello-acoustique qui vous reste dans la tête des heures durant ? Extraits : "When I see their happy faces, smiling back at me / I know there's no greater feeling that the love of family / Where can you goooooooooo, when the world don't treat you right / The answer is hooooooooome, that's the one place that you'll find...". P*tain, y'a pas à dire, ça promet d'envoyer du lourd, j'ai déjà la trique ! Et d'ailleurs, "happy faces", c'est mensonger, "dick faces" conviendrait bien mieux !
Pourquoi ne pas non plus commencer par l'intitulé de la série, qui, en anglais, est encore plus vaseux ("7th Heaven"), parce qu'on sent poindre une espèce de connotation religieuse derrière le jeu de mots bidon. Et c'est là que ça devient vraiment détestable : grâce à (ou plutôt à cause de) cette série, nous sommes plongés au coeur d'une famille américaine bien lisse, puritaine, patriotique et dévote (évidemment), dont le père est pasteur. Une série qui tente de véhiculer des valeurs archaïques sous le couvert de la modernité, d'insinuer son message bien pensant par le biais de la télévision. Au court de tous ces épisodes trépidants, foule de sujets sont en effet abordés, mais toujours avec la même niaiserie (sûrement le mot qui qualifie le mieux cette bouse), les mêmes affabulations moralisatrices, le même vide intersidéral, les mêmes discours sans relief, les mêmes scénarios "zéro prise de risques", et par des acteurs qu'on a envie de plaindre de s'être aventurés dans ce projet. Curieux paradoxe : "Sept à la maison" est censée promouvoir un certain humanisme ("aime ton prochain", "Dieu est amour", "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil"), mais il n'en ressort rien d'autre qu'une envie de dépuceler toutes ces vierges effarouchées, de claquer des têtes et de leur faire ravaler à tous leurs dialogues sirupeux, mièvres et hypocrites. Car, ne soyons pas dupes, derrière ce pseudo-humanisme se cachent en réalité des bigots sournois dont le seul but est de nous dire en qui il faut croire, ce qu'il faut penser, comment se comporter.
En fait, je n'arrive vraiment pas à comprendre que cette série aie pu s'exporter, tant son alchimie (hum) est propre aux Etats-Unis. Et dire que là-bas, ils sont des millions à prendre ça au premier degré... Enfin, je ne peux que vous conseiller de fuir devant cette horreur de propagande d'un modèle de société gerbant, qui fera jouir toutes les Sarah Palin du monde.
Amen, et rappelez-vous, pas de sexe avant le mariage.