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Depuis la disparition de Thierry Ardisson, je me suis mis à regarder sur YouTube son émission 93, faubourg Saint-Honoré, diffusée à l'époque sur Paris Première. Curieusement, je ne sais plus pourquoi, mais je n'avais jamais eu l'occasion de la suivre lors de sa première diffusion.
Le principe est d'une simplicité désarmante : des dîners à thème organisés dans le propre appartement d'Ardisson. Mais derrière cette idée minimaliste se cache une véritable mise en scène.
J'ai toujours éprouvé une certaine admiration pour le personnage. On pouvait l'aimer ou le détester, mais il avait un style, une signature, une identité immédiatement reconnaissable. Moi, je l'aimais bien. J'appréciais son franc-parler, son goût du risque. Une simple tournée promotionnelle pouvait, entre ses mains, se transformer en un véritable happening.
Sur Paris Première, son univers atteint une forme de maturité. Cela saute aux yeux. L'image est magnifiquement travaillée, la photographie baigne l'émission dans une lumière chaleureuse, presque feutrée. Le décor, avec son élégance rococo, donne au moindre plan un charme singulier. L'œil est constamment sollicité.
L'habillage musical participe lui aussi à cette atmosphère si particulière. Les sonorités lounge, choisies avec un goût remarquable par Béatrice Ardisson, enveloppent chaque séquence d'une élégance discrète. Les fondus enchaînés, les ellipses, le rythme du montage... tout concourt à donner à l'émission une véritable signature esthétique.
Et puis, il y a les invités. Ils semblent avoir été réunis avec un soin presque cinématographique. À cette époque, Ardisson se montre plus bienveillant qu'on ne l'imagine souvent. Il reçoit ses convives avec générosité. On mange, on boit, on débat. Les échanges sont passionnants, pertinents, parfois dérangeants, souvent drôles. Surtout, il se passe quelque chose à l'écran. On assiste à de la vraie télévision, celle qui surprend, qui amuse et qui fait réfléchir.
Aujourd'hui, je regarde presque exclusivement des films et des séries. Les émissions de télévision m'attirent de moins en moins.
Mais un homme comme Thierry Ardisson me manque. Il avait de la culture, il travaillait ses émissions avec une exigence rare et n'avait peur de rien. Entre ses mains, la télévision pouvait devenir un véritable médium artistique.
�Je peux aussi lui donner un style encore plus proche d'une chronique de presse culturelle, à la manière de *Télérama* ou des *Cahiers du cinéma*.
Créée
le 5 août 2026
Critique lue 2 fois
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