Autism is the new geek

Avis sur Atypical

Avatar Cosette Way
Critique publiée par le

Je suis autiste diagnostiqué, mais c'est moyen important pour cette critique, peut être plus pour les éventuels commentaires.

En voyant la bande annonce, je craignais une série qui reprenne les ressorts éculés des vannes des geeks, nerds en les appliquant aux autistes.
Même pas.

La série se borne à être simplement une sorte docu-fiction réchauffée deux minutes au micro-onde, qui pioche tous les clichés du portrait-robot de ce que doit être un autiste entouré de personnages-fonction typiques.
Sam, ado de 18 ans, autiste, veut voir des boobs, ok, dieu le bénisse, porque no. C'est un départ comme un autre, avec toutes les perturbations que cela peut engendrer chez lui (rupture avec ses routines, entrer dans l'âge adulte, quête du héro) et dans sa famille...
Seulement le projet repose principalement sur l'aspect pédagogique du show, édifions les masses, soyons diffusable dans des écoles et donc lisse au burin, à la masse et autres tractopelles les aspérités, les scories du syndrome.

Ce qui achoppe, assez vite, c'est que tous les personnages se limitent à leur fonction : la maman qui a tant fait et se lâche, le père qui découvre qu'il est cool et laisse tomber les théories fumeuses pour asséner des vérités de la vraie-vie à son fiston, la frangine rebelle qui sort de l'ombre de l'handicap du frérot pour tenter des expériences perso.
Même là, si cela avait bien écrit, avec nuance, cela sonnait juste, mais pas dans la série. Le beau gosse est livré à domicile à la sœur, les à-côtés de la mère n'ont pas de conséquences en dehors du message pédagogique, etc.
Je ne préfère pas m'éterniser sur les amis, qui font trop quota ethnique, j'attendais presque l'ami gay de service.

Mention spéciale à la petite copine qui sort de nullpart et aucun moment s'offusque de rien, image super sexiste des femmes.

Si on rajoute, touche finale :

Qu'une nouvelle fois, une femme seule se retrouve enceinte et n'envisage pas l'avortement, cela ne fait pas d'Atypical une grande série progressive...

Surtout, Keir David Peters Gilchrist interprète magnifiquement le jeune adulte à haut potentiel, pas de soucis, mais personne n'est "aussi" autiste en vrai.

En réalité, c'est délicat de critiquer cette série, qui doit sonner super juste aux familles, un peu moins aux autistes concernés, mais déjà mieux (oh, mon dieu pour un coup, c'est pas un génie des math, merci !).

Il aurait sans doute fallut montrer que les autistes peuvent être comme les neurotypiques banals, mauvais ou complexe. Que comme avec tous les ados, les familles n'ont pas toutes les réponses. La vie c'est un gros bordel, dont on peut rire, pleurer, mais surtout essayer de comprendre.

Je peux me planter et n'hésitais pas à me le dire en commentaires...

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