Bref, je suis sur SensCritique.

Avis sur Bref.

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Bref.

Un jour, j'étais sur Deezer, j'écoutais de la musique. Depuis un moment, Zaul avait choisi le cinglé du film « Le Bon, la Brute et le Cinglé » comme avatar. Je lui ai dit :
« hellooooooo! au fait, je t'ai déjà dit que j'adore ce film ("le bon, la brute, le cinglé"), dont tu tiens ton image? C'est vraiment excellent! »
Il m'a répondu:
« Héhé yep c'est bien ça ;)
Si t'aimes les films j'ai un profil avec une PL sur l'abstract hip hop et quelques critiques films qui pourraient t'intéresser par là ;
http://www.senscritique.com/liste/Abstract_et_instrumental_hip_hop/63863
Rien de bien nouveau pour toi en fait niveau abstract t'es bien plus calé que moi ces jours-ci je découvre plus rien j'ai plus le temps!
merci pour tous tes conseils !
++»

Il ignorait que cet échange anodin allait me faire découvrir SensCritique.

J'ai exploré un peu le site, ça m'a plu, j'ai décidé de me créer un compte.
Faut commencer par tout noter, alors j'ai tout noté. C'était beaucoup. Ça m'a fatigué. J'ai dormi. Je me suis levé, et en rentrant du travail, j'ai continué. Ça a duré deux bonnes semaines. J'ai réalisé que j'avais encore oublié de noter plein d’œuvres. Ça m'a fatigué. J'ai dormi.
Je ne savais pas que je connaissait autant d’œuvres. Je me suis senti cultivé. Ensuite j'ai vu un membre qui en avait noté 6000. Je me suis senti ignorant.

Du coup, j'ai eu envie de tout noter :

Mon chien 8/10♥
Mon chat 8/10♥
Le cassoulet maison 9/10♥
Le cassoulet en boîte : 5/10
Les pâtes fraîches : 10/10♥
Les pâtes sèches : 8/10♥
Ma compagne du moment : 10/10♥
Mon ex : 1/10

...

J'ai pensé : heureusement que dans la vie, on peut pas tout noter.

Au début, j'étais sur un petit nuage. Je découvrais le partage culturel, des membres aux goûts éclectiques, talentueux et sympathiques, et surtout d'excellentes critiques. Avant, je pensais que la critique, c'était un art médiocre et trop intellectuel, visant à porter un jugement et à influencer le public. Je ne connaissais que les critiques à la Télérama. Sur SC, j'ai découvert des plumes merveilleuses, des exercices de style, de la véritable littérature. J'ai compris que la critique, ça peut aussi être :

une réflexion profonde sur une œuvre,
un avis intéressant,
un point de vue pertinent,
un exercice de style,
un sketch hilarant,
un poème,
ou même une tranche de vie.

J'ai écrit une critique. Puis deux. Puis trois. J'ai eu des retours positifs. Ça m'a fait plaisir. J'ai continué. Quelqu'un m'a dit : « Tu passes beaucoup de temps sur SC, non ? » J'ai répondu: « J'arrête quand je veux ». En vrai ça voulait dire : « Je suis accro à ce site comme un fumeur à la nicotine. Sauve-moi ».

Après, j'ai fait des listes. Du coup, j'ai eu envie de tout lister :

Mes meilleurs coups
Mes pires coups
Mes meilleurs amis
Mes pires amis
Les gens que je ne supporte pas (et eux non plus, d'ailleurs)
Les gens que je ne supporte pas (mais qui m'aiment bien)
Les gens qui ne me supportent pas (mais que j'aime bien)
Les membres de ma famille, ces cas sociaux
Mes défauts
Mes qualités

...

J'ai pensé : heureusement que dans la vie, on peut pas tout lister.

Je suis allé faire les courses, j'ai oublié ma liste.

À force de lire des critiques géniales, ça a ravivé la flamme littéraire en moi. Je me suis de plus en plus appliqué, j'ai fait des exercices de style, des textes originaux et/ou humoristiques.
J'étais persuadé que ça ne plairait pas. Ça a plu. J'étais très content d'arriver à divertir les gens. J'ai découvert toute la beauté du partage direct d'internet.

Toujours sur mon petit nuage, j'ajoute des membres, des membres m'ajoutent, je complimente des membres, des membres me complimentent, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.

J'ai pensé : j'ai trouvé le seul site internet du monde avec des gens intéressants, et le seul réseau social qui a un intérêt pour moi.

Après j'ai remarqué que des gens voulaient absolument la popularité. Ils m'ont paru hypocrites.
Je me suis dit : c'est pas grave.

Sauf que j'ai remarqué aussi qu'il y a des gens qui pensent que je suis comme ça.
Je me suis dit : c'est plus grave.

Je me suis remis en question. Et puis, j'ai trouvé que les gens se prennent vraiment trop la tête, j'ai pas voulu être comme ça, de toute façon j'ai jamais cherché à me faire aimer.
Je me suis dit : si il y a trois pelés et un tondu qui ont décidé de présumer des choses sur moi virtuellement, ça ne va pas m'empêcher de dormir ; je n'ai rien à prouver.

Je me suis dit que les gens se prennent vraiment trop la tête sur internet. Ça m'a gonflé. Après j'ai repensé à tous les gens sympas du site qui ne sont pas comme ça. Ça m'a rassuré.

J'ai pensé : sur internet, on retrouve la même connerie que dans la vie. Après j'ai pensé: faut faire comme dans la vie, faut avancer, en faisant ce qu'on estime juste, et arrêter de se soucier du regard des autres. Sinon je vais devenir un misanthrope ou un serial killer. Ou les deux. Mais faut quand même en tenir compte parfois. Je me suis dit, l'important c'est de rester simple et de faire ce qui me plaît, sans chercher à plaire.

Je me suis dit : je suis trop sensible pour rien. J'ai pensé : la vie, c'est compliqué quand même. Ça m'a fatigué. J'ai dormi.

...

Des fois, je me dis que je ferais mieux de faire quelque chose de plus constructif de mon temps libre.

Un pote me dit :

« Toi et ton SensCritique ! Tu ne fais plus que ça !»
Je réponds : « C'est pas vrai ! Je ne fais pas QUE ça! »

Je l'ai regardé, il m'a regardé, j'ai regardé mes notifications SC, il a regardé ses notifications Facebook, j'ai regardé son Iphone pour voir qu'il regardait ses notifications Facebook, il a regardé l'écran de mon ordi pour voir que je regardais mes notifications SC.
Je l'ai regardé, il m'a regardé, on s'est compris.

Comme excuse, des fois je dis : « Ça améliore mon écriture ». C'est vrai. Lire des critiques sur SC est une véritable source d'inspiration, et j'ai tout le temps des idées pour parler d'une œuvre. Ça me motive, je me crée des styles, j'expérimente et j'aime bien avoir le retour des autres.
D'ailleurs, depuis que je suis sur SC, j'écris plus vite, je fais de moins en moins de fautes d'orthographes, j'ai grandement enrichi mon vocabulaire, et je ne me suis jamais autant amusé en écrivant.

En plus, écrire sur une œuvre permet de mieux comprendre son propre ressenti, et donc de se découvrir soi-même.
Je me suis dit que c'était classe comme réflexion, et qu'il faudrait le mettre dans une critique. Je l'ai mis dans une critique. J'ai trouvé ça moins classe en le relisant. Alors je me suis dit, je vais ajouter que je trouve ça classe de le placer dans une critique, pour faire de l'auto dérision.

Mais au final, j'ai quand-même l'impression d'y perdre beaucoup trop de temps. Heureusement, j'ai pas Facebook.

...

J'ai fait des IRL, aussi, j'ai rencontré des membres en vrai. C'était comme être sur SC, mais en live. C'était bien.

J'ai découvert des tas d’œuvres géniales dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence. Je peux partager mon amour des médias qui m'intéressent avec plein de passionnés, alors que dans la vie, si je parle de Kurosawa à quelqu'un, il me répond soit :
« Gnéh ? » soit : « Un vieux film japonais en noir et blanc sous-titré ? MAIS COMMENT TU FAIS POUR REGARDER ÇA ? » ou alors j'ai vraiment de la chance.
Quand je parle de BD à quelqu'un, en général, j'ai l'impression qu'une boule de paille poussée par le vent passe dans la pièce, comme dans les westerns avant un duel.

Depuis que je suis sur SC, je descends les blockbuster, parce que c'est... des blockbusters, et j'adore les films pas connus, parce qu'ils... sont pas connus.
Mais des fois, non.

Quand je regarde/lis/écoute un truc, en général je pense à la note que je vais donner. Quand je regarde/lis/écoute un truc et que je ne pense pas à la note que je vais donner, je le note bien parce que pendant que je le regardais/lisais/écoutait, je n'ai pas pensé à la note que j'allais lui donner.

J'ai été contaminé par tous les membres qui font des calembours, je fais des jeux de mots tous les jours. Mes amis me disent que c'est mauvais. Quand je fais les mêmes sur SC, il y a toujours un membre qui me répond avec un autre jeu de mot. Ça me fait rire.

J'ai pensé que René Goscinny aurait été un membre SensCritique génial. En même temps, j'ai aussi pensé que si Goscinny avait été sur SC, il n'aurait sûrement pas fait autant d'albums d'Iznogood, d'Astérix et de Lucky Luke. Et il n'aurait peut-être pas créé le magazine Pilote et révélé des dizaines d'auteurs. Du coup il y aurait eu beaucoup moins de BD à noter sur le site.
Je me suis dit que si ça se trouve, si je n'étais pas sur SC, je serais déjà un auteur publié. Ça m'a fatigué. J'ai dormi.

Quand je me suis réveillé, j'ai eu envie de donner mon avis sur la série Bref. J'aime bien ce format, cet humour des petits détails de la vie, ces prises de têtes absurdes, cette loose du quotidien dans laquelle on se retrouve, ou au contraire ces moments de bonheur simple, parfois émouvants. L'auto dérision omniprésente et les mises en abyme. Les références à la pelle. J'aime bien le fil conducteur de l'histoire, et je trouve que ça a bien capté certains aspects de notre époque. Rien d'extraordinaire, mais une websérie distrayante et bien foutue.
Et puis, je me suis rendu compte que je n'avais pas grand chose à en dire. C'était trop bref. Alors pendant le travail, j'ai imaginé un épisode de Bref pour parler de SensCritique. J'ai trouvé ça rigolo, alors le soir, je suis rentré, je l'ai écrit.

Bref, je suis sur SensCritique.

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