Derrière les plus belles façades se cachent parfois les histoires les plus sombres...

Avis sur Desperate Housewives

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Wisteria Lane, banlieue chic de Fairview, ville fictive située dans l’Eagle State (état américain fictif) où les habitants, majoritairement issus de la classe moyenne supérieure semblent vivre une vie aisée et épanouie, constitue le cœur de cette série de 8 saisons, mêlant humour, drames, et intrigues captivantes.

Dans cette banlieue huppée, vivent quatte femmes : Susan, Brie, Gabrielle et Lynette.
Bien que la série regroupe de nombreux autres personnages, la série se centre principalement du point de vue de ces quatre femmes. Ou devrais-je dire cinq, si on y inclue Mary-Alice, narratrice tout au long de la série qui suit tout ce qui s’y passe depuis l’au-delà.

Ici vous pouvez spoiler !

Cette série a le don de commencer de façon fracassante avec le suicide de Mary-Alice dès les premières images de la série. Ce choc de départ provoque chez le téléspectateur un besoin de comprendre. Comment une mère de famille, d’apparence si heureuse et si comblée auprès de son mari et de son fils peut-elle se suicider devant son domicile ?

Partant de ce point de départ, la série pose les sujets de la facilité (argent, pouvoir, séduction), de la solitude (souvent destructrice pour soi-meme et son entourage), de la parentalite (a certains moments éprouvante), de la place du travail (parfois excessive ou nocive pour sa vie personnelle), de l’équilibre d’une vie de couple (pas toujours simple à maintenir), et aussi de drames personnels vécus ou de vieux secrets bien enfouis mais menaçant à tout moment de ressortir...

Parlons maintenant de la personnalité de nos quatre héroïnes. Les scénaristes ont fait le choix osé de créer des personnages très stéréotypés voire caricaturaux. Aucune ne dégage sérénité et simplicité. Suzanne se révèle rapidement attachante mais en même temps particulièrement immature, Lynette une mère courageuse mais dépassée et au bord de l’hystérie, Gabrielle vénale et capricieuse, et Brie...une véritable psychopathe de l’ordre et du contrôle, incapable de lâcher prise.

Il m’a fallu du temps pour me faire à ces personnalités, mais en découvrant leur histoire, blessures, épreuves à affronter, drames personnels... , on arrive à les humaniser et à vraiment s’attacher à elles, malgré leurs défauts toujours aussi insupportables.

Je calquerai également ce point de vue au personnage d’Edie Britt, véritable croqueuse d’hommes manipulatrice sans la moindre limite, qu’on se plait tant à détester jusqu’à la cinquième saison, celle de sa relation avec Dave Williams, qui lui sera malheureusement fatale, dans un déchirement glaçant, alors que je commençais à vraiment l’apprécier.

Venons en aux hommes de la série. A l’inverse de leurs compagnes, tous dégagent de la sympathie et une relative simplicité : Tom, Carlos, Rex, Mike, Orson... C’est cependant de certains d’entre eux que viendront les péripéties les plus captivantes de la série, en particulier Mike et Orson, personnages à la fois charismatiques et mystérieux. Les deux personnages, pourtant très différents, demeureront au centre de plusieurs intrigues importantes, ce qui donne le sentiment de ne jamais les connaître totalement... Chacun aura sa fin, l’une dramatique, l’autre destructrice...

Les relations de couple sont elles aussi mises à rude épreuve : séparations, adultères, problèmes financiers, deuils, enfants compliqués, drames...et secrets enfouis. Les personnages évoluent, comme peut en témoigner cette belle ellipse de 5 ans, en fin de saison 4, et montrer contre toute attente de grandes qualités ou empirer leurs pires défauts, au point d’en devenir detestables.

Pour durer sur la longueur, la série a eu la sagesse de diversifier ses intrigues et de se renouveler au fil des saisons par l’introduction de nouveaux personnages, ou le retour d’anciens...

L’arrivée de Renée (incarnée par Vanessa Williams, à la fois chanteuse et actrice) dans les deux dernières saisons ne m’a pas entièrement convaincu. Malgré un personnage sympathique, je ne suis pas parvenu à m’y attacher. Seule sa prestation vocale lors du chant hommage à Mike m’a marqué...

Cette série, aura marqué une génération entière, et il est important de le signaler, s’adresse tout autant à un public féminin que masculin, par la diversité et la richesse de ses intrigues et personnages.

Mon mot de la fin sera pour l’actrice Kathryn Joosten, alias Karen McCluskey dans la série, décédée seulement 11 jours après son personnage. Malade d’un cancer, l’actrice a tenu bon jusqu’à la mort de son personnage. Tel un symbole de la place que peut prendre un personnage de fiction dans la vie d’un acteur... RIP

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