Le digne succeseur de Skins

Avis sur Euphoria

Avatar Eyrio__
Critique publiée par le

Le teen drama c’est un genre qu’on connaît très bien depuis l’arrivée de Skins en 2007. Depuis, les teen drama se sont popularisés, tous les networks ont un teen drama dans le but d’avoir un joli succès. Le genre a eu un gros boum avec la SVOD, Netflix marche énormément grâce à ce genre comme 13 Reason Why qui était un gros coup de poing à sa sortie, malgré de nombreux défauts. Le soucis c’est que les mois avance et le teen drama est de plus en plus mauvais avec l’utilisation abusif du cliché, le fait d’être dans du sensationnel, les choix dans le scénario qui sont avant tout pour le marketing. Bref c’est devenu du grand n’importe quoi. Quand j’ai su que HBO allait lancer leur premier teen drama, il y avait le retour d’un petit espoir d’un bon teen drama.

2019, l’année ou on fait des polémiques pour pas grand chose

Peut être que 2019 sera l’une des meilleures années de HBO. Depuis l’arrêt de Game of Throne au mois de juin, le network américain ne s’arrête pas, en proposant Chernobyl qui comme le titre l’indique retrace la catastrophe de Chernobyl. Ensuite, ils ont enchaîné à la fin juin et on va en parler plus longuement avec Euphoria, une adaptation de la série Israélienne, adapté d’une histoire vraie, diffusé en 2012 et crée par Ron Leshem, Daphna Levin et Tmira Yardeni. Pour la version US, on parle d’une libre adaptation, crée par Sam Levinston qui n’est pas un novice pour parler de la jeunesse. C’était un peu son sujet dans son second long métrage : Assassination Nation.

Même si on a pu voir tout le talent de Sam Levinston en showrunner, c’est plutôt grâce à un stupide buzz digne de 2019 que la série a fait beaucoup parler. En effet, il se dit qu’après les premiers visionnages de la presse américaine, de nombreuses scènes auraient été coupées ou modifiées jugeant qu’elles étaient trop choquantes sur demande de HBO. Ceci à créer toute une réputation à la série qui était déjà pas mal, car c’est une série série HBO et dans le cast principal il y a Zendaya. Cette confirmation de réputation c’est confirmé avec le pilote. Sur Twitter, #EuphoriaHBO était numéro 1 en tendance US et troisième tendance dans le monde, mais ce n’est pas qu’une question de buzz, il y a eu aussi une belle fidélité du public avec en moyenne 5,6 millions de spectateurs en replay sur HBO.

La série qui parle de la vie

Dans Euphoria, on va suivre des lycéens de 17 ans, en particulier Rue Benett (Zendaya) tout juste sortie désintox et cherche à donner un sens à sa vie, elle se liera d’amitié rapidement avec Jules Vaughn (Hunter Schafer) récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. On va suivre l’histoire d’autres personnages comme Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demie), la petite amie de Nate; Chris McKay (Algee Smith), star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sydney Sweeney), dont le passif sexuel continue de la poursuivre et Kat Hernandez (Barbie Ferreira), en pleine exploration de sa sexualité.

Comme on peut le voir à travers le synopsis, Sam Levinson va nous parler de la vie à travers des adolescents qui sont dans la phase de transition entre l’adolescence et l’age adulte. Cette génération qu’on peut appeler les 2000, quand on voit Rue, née en 2001 et nous rappelle que 2001 c’est l’attentat du 11 septembre. Cette piqûre de rappelle est un moyen pour le réalisateur de Assasination Nation de nous dire que cette génération a toujours vécu dans une sorte de violence, de haine, de peur et de doute. Il serait intéressant de voir comment sera la génération 2010 quand elle sera dans la transition entre l’adolescence et l’âge adulte, mais quand je vois la société actuelle, je suis assez sceptique.

Comme tous les teens drama, on retrouve les fameuses thématiques liées à la sexualité, au sexe, à la drogue et à l’alcool. D’habitude ce genre de série utilisent ces thématiques en usant des clichées . Dans Euphoria, il y a un message, il y a un constat et la série n’a pas de filtre ce qui est plaisant dans un teen drama. Sam Levinson va parler de l’influence du porno dans la sexualité des ados, on voit dans la série que beaucoup d’ados ont comme référence la pornographie. La drogue est très présente dans cette série en étant très bien détaillé, c’est un sujet qui comptait beaucoup pour Sam Levinson qui a eu un passé avec ses substances. J’ai aussi beaucoup aimé que la série ne passe pas énormément de temps sur le fait que Jules soit une fille trans ou sur l’orientation sexuelle de Rue, car ce n’est pas trop important de le savoir, cela n’apporte pas non plus grand-chose au récit et puis c’est quelque chose de normal, il ne faut pas le voir comme quelque chose d’incroyable. Sinon dans les autres thématiques, on peut citer la dépression, le culte du corps, le consentement ou encore les réseaux sociaux. Je mettrais en bémol la thématique sur le surpoids, j’ai cette impression que la série, donne un message positif du surpoids quand on voit le personnage de Barbie Ferreira. Il n’est jamais question de parler de son poids et dire même que ça peut être dangereux, car ce n’est pas forcément une bonne chose.

Une souffrance régulière

Euphoria est une série très prenante visuellement, pour réaliser cette série, Sam Levinson a réalisé une bonne partie des épisodes, le reste est réalisé par trois réalisatrices : Jennifer Morrison, Augustine Frizell et Pippa Bianco. Dans les épisodes qu’on voit, il y a cette sensation qu’on en en immersion avec les personnages dans leurs quotidiens. Il ne faut pas s’attendre à des idées chelous dans la réalisation pour nous montrer que c’est cool les sensations de la drogue, c’est plutôt une série qui nous montre les souffrances des adolescents. Un grand bravo à toute l’équipe pour le premier épisode quand Rue est en plein trip ou alors le dernier épisode, quand Rue ne va pas forcément bien, il lui arrive quelque chose et elle bouge au même moment de la musique. Il faut aussi voir tout le travail en arrière-plan, avec l’esthétique des couleurs, la chorégraphie, la puissance de la musique. Tout ce qu’on voyait à l’écran, c’est digne d’une très grande comédie musicale.

Je parlais de suivre la souffrance des adolescents grâce à la réalisation, c’est aussi le cas d’un point de vue narratif. Chaque épisode a une intro, cette intro est destinée à un personnage. C’est le meilleur moyen de développer assez facilement les huit personnages. En 10 minutes on sait tout de leurs enfances et quand on fait la comparaison avec ce qu’ils sont devenus dans la série c’est cohérent. c’est la preuve d’une série très bien écrite. Avec la voix de Zendaya en narratrice, les introductions sont bouleversantes, elle a toujours le bon timbre et elle incarne tellement cette génération très triste qui souffre.

Il faut aussi saluer le très bon casting, on parlait de Zendaya tout à l’heure en narratrice, mais sur toute la série, elle porte le show. L’idée de mettre Zendaya en tant qu’ambassadrice de cette jeunesse, est une très bonne idée, elle gagne en notoriété de film en film et c’est une actrice qui parle énormément à cette génération. Je ne serais pas surpris, si avant le début de la saison 2 elle change de dimension. Pour le reste du casting on est plutôt sur des acteurs qu’on ne connaît pas trop, même si j’avais déjà vu Jacob Elordi, dans The Kissing Booth, mais tout ce qu’il faisait c’était de jouer le beau garçon, sans faire un effort dans l’acting. Dans Euphoria c’est une véritable révélation. Il a toujours ce rôle du beau garçon, mais il y a un second visage, il y a un mec qui peut être violent et tout le reste du casting est très bon. Cela va dans le sens de leurs personnages et j’espère qu’on les reverra prochainement en attendant la saison 2 déjà annoncé ou ce ne sera pas facile de faire mieux que cette très belle saison 1.

Conclusion

Pour sa première tentative dans le teen drama, HBO ne fait pas de faux pas en nous offrant une très belle série. Il est très agréable de suivre les différentes thématiques abordées par Sam Levinson, tout en ayant cette tristesse quand on voit ce qui arrive à Rue&compagnie. Si on faisait une grosse table ronde avec toutes les teen drama récente, Euphoria pourra dire : Moi je parle avec sérieux de thématiques essentielles sur l’adolescence et je parle de la vie en toute simplicité.

Pour me soutenir tu peux regarder une pub sur : https://utip.io/eyrio

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 928 fois
2 apprécient

Autres actions de Eyrio__ Euphoria