« I served in a company of heroes. »
Je ne sais finalement pas quoi penser de Band of Brothers. A la fois, je suis subjugué par le fait qu’il s’agisse d’une série (on a l’impression d’être face à un Il faut sauver le soldat Ryan de dix heures) tant visuellement, au niveau de la reconstitution, c’est impressionnant, mais mitigé par rapport à une intrigue pas toujours parfaite. Je sais bien que c’est adapté d’un livre lui-même adapté d’une histoire vraie (et la présence des « vrais » personnages est une excellente chose), mais y a des éléments qui me gênent : le fait que tout le monde s’entendre super bien dans le bataillon, le fait que Winters soit tout le temps glorifié (un homme droit, brillant au combat, prêt à se sacrifier pour ses hommes). Peut-être que c’est la vérité, mais ça accentue le fait que malgré les qualités de reconstitution évidentes de Band of Brothers, on reste face à une représentation de la seconde guerre mondiale déjà vu cent fois : rien d’original, à part le format série, en somme.
Et là où les cinq premiers épisodes (même celui du débarquement) m’ont profondément ennuyé, c’est dans la deuxième partie du show que je lui ai trouvé tout son intérêt : à partir de l’excellent épisode 6 centré sur Doc Roe (le meilleur de la série – fort, intelligent, le seul qui fait vraiment « vrai » par des sensations très simples et par l’évolution psychologique du personnage central au sein de l’épisode), j’ai trouvé une nette amélioration. En faites, tout Bastogne était vraiment très bon. Ensuite j’ai aussi adoré l’épisode 8 centré sur Webster (lui aussi l’un des personnages qui m’aura le plus marqué, même si les événements autour de lui dans cet épisode sont loin d’être les plus réussis), et enfin l’épisode 9, qui à défaut de proposer des éléments très novateurs reste quand même l’un des plus forts au vu de l’événement central de l’épisode qui reste assez puissant et réussi.
Un autre truc m’â gêné, et c’est peut-être pas grand-chose, mais c’est les informations « Que sont-ils devenus ? » à la fin de chaque épisode. C’est peut-être un aspect historique, mais ça fait un peu mauvaises émission télé. Je pense que le show aurait gagné à garder un mystère de ce côté-là, ne pas dire que « Intel est devenu garagiste » ou ne pas citer Eisenhower ou le nombre de morts dans les camps. Ces choses on les sait, et si on ne les sait pas, autant laisser le spectateur aller se renseigner par lui-même. Mais ce point de vue est subjectif bien entendu.
Alors comme ça on a l’impression que je n’aime pas Band of Brothers, mais si, c’est une excellente série, avec des acteurs excellents, une reconstitution époustouflante, des épisodes énormes qui ressortent du lot (le 6 et le 8), et si on oublie un générique très mauvais et un aspect très classique qui m’a plus ou moins rebuté (sans pour autant que je m’ennuie) pendant cinq épisodes, on reste face à l’une des œuvres les plus importantes, télévision et cinéma confondu, sur cette époque de l’histoire.