Go...Ta mère.

Avis sur Gotham

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Au moment de l'annonce d'une future série diffusée par la FOX sur l'univers cruel et impitoyable de Gotham City incorporant les vilains légendaires de l'univers sans Batounet mais un peu quand même avec un jeune Bruce Wayne, on va pas dire que je partais confiant.
Bien au contraire, malgré la présence d'Heller en tête de gondole du show capable du meilleur (Rome) comme du pire (Mentalist), la perspective de voir un univers que je chéris tant depuis ma plus tendre enfance avec le génial dessin animé de 92 totalement bafoué et standardisé, restrictions de la FOX oblige me révulsait totalement.

Comme il faut bien donner sa chance au produit, j'ai laissé sa chance à Gotham, jusqu'au bout de cette première partie de saison. Bien que flatteur pour mon estime personnel, le fait d'avoir exactement ce à quoi je m'attendais sous les yeux est un constat assez triste.
On se retrouve avec une série totalement bâtarde. Bien qu'ayant supprimé Batman de l'équation, les personnages qui rappellent l'existence de la chauve-souris ne sont jamais loin, à défaut de toute cohérence. On est en pleine overdose de fan-service juste là pour brosser les fans dans le sens du poil en faisant raisonner dans leurs oreilles des noms bien connus de l'univers. Exemple avec le traitement du personnage d'Edward Nigma qui s'avère être au-delà de la caricature, utilisant une phrase interrogative sur deux (au cas où on aurait pas compris qui c'était). En d'autres termes, je trouve cela vraiment dommageable d'avoir grossi à ce point les traits de caractère d'un personnage qui aurait pu être infiniment mieux introduit.
On peut citer l'exemple de Poison Ivy, ici dépeinte en petite fille au regard trop darki dont les apparitions n'ont aucun intérêt, avec une plante verte ou la couleur verte dans le cadre, subtile. Evitons également de parler du love interest de Jim Gordon, ce serait lui donner trop d'importance.

L'autre souci évident qui saute aux yeux dans Gotham, c'est le manque criant d'originalité dans le déroulement de chaque épisode. Nous avons affaire à du cop show très classique avec le traditionnel duo bon flic (Jim Gordon par un Ben McKenzie très moyen)/méchant flic (Bullock) qui se retrouve à bosser ensemble suite au meurtre des parents Wayne. Terrible crime qui pousse le bon Gordon à chasser les faquins d'une ville gangrenée à tous les niveaux de son infrastructure, résolution pas forcément vue d'un bon oeil par son coéquipier un brin corrompu.
On se retrouve donc avec des intrigues pas franchement passionnantes à la résolution prévisible, à une réalisation terriblement académique avec les 3-4 plans d'ensemble obligatoire de Gotham par épisode, à croire que le montage s'effectue toujours de la même manière.

L'un des rares intérêts de Gotham, c'est finalement les différents dilemmes qui entourent chaque personnage. En ce sens, la guerre de clans entre Maroni et Falcone avec au milieu de l'échiquier un personnage inédit dans l'univers, à savoir la dénommée Fish Mooney incarnée par la ridiculement trop théâtrale Jada Pinkett Smith est peut être le segment le plus intéressant de la série. Il permet à un personnage comme le Pingouin, l'un des rares persos' intriguant de graviter autour des trois protagonistes et par conséquent, de suivre une relative évolution sur plusieurs épisodes, avec son lot de retournements de veste.

Avec Gotham, on a vraiment le sentiment que Bruno Heller a voulu envoyer un gros fuck à tout ce qui s'est fait auparavant sur Batman. Démarche courageuse de réinventer totalement les codes d'un univers, en témoigne cet Alfred rock'n'roll n'hésitant à bousculer verbalement Bruce à la sortie des funérailles de ses parents, ou bien encore pousser son protégé à rendre les coups reçus par un camarade de classe. L'intention de donner une autre vision est dans l'esprit louable, dommage que ce soit à ce point inégal, transformant ainsi l'ambition initiale en prétention mal placée.
Dans le cas d'Alfred, sa personnalité trouve peu à peu sa justification, devenant même sur la fin le personnage le plus sympa à suivre, qui l'eut cru. Le contre-exemple réside dans certaines scènes complètement nanardesques, comme par exemple celles entre le Pingouin et sa mère sous LSD, le malaise télévisuel à son paroxysme en somme, avec certaines répliques totalement à l'ouest.

Malgré les multiples faiblesses de la série (je rajoute à cette longue liste ce générique de feignasses absolument hideux), je serai au rendez-vous pour la suite de la saison. Peut être parce que j'en suis arrivé à prendre la série au second degré, peut être le secret pour apprécier Gotham à sa juste valeur, tout cela est bien décevant pour un univers avec un tel potentiel.

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