Une série pour cassos

Avis sur Les Kassos

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Critique publiée par le

EDIT DU 19/04/2016

J'ai découvert cette série l'année dernière, sous l'impulsion d'un de mes meilleurs amis. Après une première critique plutôt indécise, je me suis dit qu'il était temps de remettre les pendules à l'heure.

Les Kassos est un pur produit de notre société actuelle, prouvant que l'on préfère s'adonner à la décadence de notre culture plutôt qu'à son embellissement.

Si déjà le concept de base ne possède déjà pas beaucoup d'originalité, le résultat est certainement le plus putassier qu'on ait jamais vu. Réécrire l'histoire des classiques de votre enfance est en effet et ce depuis longtemps le fruit du travail d'artistes méconnus. Un travail dont la qualité varie d'un individu à l'autre, mais ayant au moins le mérite d'être original tout en respectant le matériau de base. Tout ce sur quoi les producteurs de cette merde crachent allègrement.

Ici on se retrouve avec des caricatures dénaturées et putrides de personnages de fiction, dont on suit les frasques à travers les yeux d'une assistante sociale dont on ne voit jamais le visage. Peu s'en faut pour comprendre que ceux-ci ont du mal à s'intégrer à notre société : Astérix et Obélix sont devenus deux ivrognes accros à la potion magique, Riri, Fifi et Loulou s'habillent et parlent comme des racailles après avoir déménagé en Seine Saint-Denis, les Télétubbies se révèlent être des junkies en bad trip total, etc.

Très vite, c'est à dire au bout d'un ou deux sketchs (qui ne durent que 2 minutes chacun), difficile de trouver d'autre intérêt à cette série que celui de dégoûter ou de choquer gratuitement. Visuellement, ce n'est ni fait ni à faire: l'animation est des plus grossières, les dessins d'une laideur à s'en arracher les yeux (les fans des Lascars, eux, seront probablement comblés), mais surtout, les gags qui basculent systématiquement dans le trash et le vulgaire laissent plus de marbre qu'autre chose.

Marty McFly qui devient trisomique après avoir tringlé sa propre mère, Charlie qui se suicide car personne ne se rend compte de sa présence, Belle se faisant chevaucher par un bœuf en rut qui défèque dans le bureau après son office ou encore le Père Fouras, dont les énigmes mènent toutes à la même réponse dégoulinante de finesse et de subtilité - "Perdu, c'est ma bite !" - Magnifique ! Génial ! Quel humour ! Bravo ! Ça vole haut !

Quel ingrédient savoureux manque-t-il pour parachever le chef d'œuvre ? Les voix, bien sûr ! Non seulement celles-ci ne collent pas du tout aux personnages originaux, mais sont d'un horripilantes à en chier par les esgourdes. Cela me chagrine d'autant plus que les doublages étaient au départ assurés par de vrais comédiens... avant d'être rejoints par des youtubeurs en vogue et des humoristes de bas-étage qui occupent désormais l'affiche de films d'animation. Quelle sinistre blague.

La palme de toute cette débauche de mauvais goût revient sans hésitation à la Petite Sirène, qui se voit éclipser ses six sœurs au profit d'une seule ayant une tête de poisson et des jambes humaines (sans commentaire), et qui, comble de l'horreur, se retrouve affublé d'une voix de cagole du 93 avec un Q.I. à deux chiffres. "So 2015".

LE PIRE, c'est que tout n'est pas à jeter. Oui, je l'admets, il y a eu par-ci par là une ou deux lueurs d'espoir qui ont fait leur petit effet:

L'imitation très ressemblante de Porky Pig et son syndrome de la Tourette m'ont fait hurler de rire, de même que les Daltonne, le Captain Olivio qui met trois heures à atteindre une chaise et la parodie franchouillarde de l'inspecteur Dirty Gadgette, plutôt réussie.

Hélas, mille fois hélas, la majorité des sketchs (y compris les plus récents) attestent que les producteurs de la série - et a fortiori, ses créateurs - tendent à persévérer dans une optique de profit et de fainéantise créative crasse, laquelle engendrera des situations toujours moins recherchées, toujours plus faciles, toujours plus moches, et fatalement toujours moins drôles.

Même le comique de répétition a ses limites, preuve étant que cette brave assistante sociale et son accent créole burlesque, qui m'amusait au début, commence sérieusement à m'agacer.

On ne pourra que se morfondre de révulsion et d'indignation en voyant à chaque nouvelle vidéo des commentaires à 300 likes qui encensent et encouragent cette série, une aberration à moins que ses admirateurs

  • n'aient pas eu d'enfance, la réprouvent ou ne lui accordent aucune considération
  • soient masochistes
  • aient un humour scatophile, zoophile, nécrophile, pédophile, urophile, bref plus que douteux
  • cherchent désespérément à briller en société (tu parles d'une gloire)
  • se coltinent une existence encore plus merdique que les personnages de la série

En deux mots, soient eux-mêmes des "Kassos".

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