Marvel Noir, phase 1

Avis sur Marvel's Daredevil

Avatar Kelam
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Après avoir phagocyté le créneau du blockbuster estival et tenté de s'imposer à la télévision, Marvel a voulu tenté une nouvelle approche en s'intéressant à ses héros moins connus, plus sombres et violents mais invendables pour le grand écran ou une diffusion sur ABC. La firme a donc choisi une nouvelle cible : Netflix, qui depuis 2 ans se fait un plaisir de proposer des séries impossibles à diffuser sur le petit écran. Une fois encore, elle vient avec un grand projet : décliner un autre groupe de héros, moins ambitieux que les Avengers, plus ancrés sur le quotidien de la rue. Le premier sera Daredevil, histoire de montrer que Marvel a appris de ses erreurs et de sa période de disette financière qui l'a amené à accepter de produire des sous-sous-Spiderman.

Maintenant, comment rendre justice au justicier aveugle qui pâtit encore 12 ans après du film déjà ringard qui n'a servi qu'à la rencontre Affleck/Garner et à nous présenter le groupe Evanescence ? En reprenant le meilleur du comics (la période The Man with No Fear de Frank Miller), le déjà existant (les films) et des gens compétents à l'écriture (DeKnight et Goddard). Et ça marche.

Matt Murdock est donc avocat le jour mais justicier masqué la nuit, usant de ses sens sur-développés pour combattre les criminels qui ont envahi son quartier depuis la bataille des Avengers contre les Chitauris, mais ce faisant, il va se heurter aux plans de Wilson Fisk, milliardaire tapi dans l'ombre qui a un plan pour la ville et contrôle aussi bien la mafia que la police pour arriver à ses fins.

Voilà un scénario simple qui, mal géré, donne le film bourrin qu'on se remate pour se marrer devant le jeu bovin d'Affleck et le surjeu de Colin Farrell. Mais en prenant le temps de construire les personnages, leurs intentions, leurs logiques, de ne pas aller trop vite dans la surenchère et en gardant à l'esprit "Less is more" (moins de CGI pour expliquer le sens radar de Murdock, moins de cascades le long des murs, moins de personnages surpuissants, moins d'excuses pour faire du PG), la série réussit son pari : redorer le blason d'un héros complexe dans un monde violent où le temps n'autorise plus d'aller au delà du manichéisme.

Charlie Cox s'en sort honorablement, avec sa bonne bouille et son charme, et sa capacité à montrer que oui, se battre à mains nues est épuisant, dangereux et qu'il faut être aveugle pour ne pas le comprendre, mais le mastodonte de la série est incontestablement d'Onofrio en Fisk. Imposant dans sa puissance mais pathétique dans son malaise, constamment à se remettre en question devant les conséquences de ses choix et ses actes, il campe un Kingpin bien loin de celui qu'on connait mais qu'on peut comprendre sans pour autant excuser. Les deux hommes ont le même but mais pas les mêmes moyens : l'un veut sauver la ville d'elle-même en lui donnant l'impulsion dont elle a besoin quand l'autre cherche à faire table rase et détruira quiconque essaiera de l'en empêcher.

Les personnages secondaires sont très bons également, comme Foggy qui est plus qu'un comic relief (ses scènes avec Murdock pendant leurs études dans l'épisode 9 sont très touchantes), Ben Urich, Karen Page, Vanessa... tous ont leurs petites histoires et aident à rappeler qu'ils sont l'enjeu de ce duel.

Une belle réussite que cette série, alors que je partais peu confiant avec le matraquage auquel on avait eu droit. Mais Marvel a compris le média Netflix, su l'exploiter correctement et compte déjà recommencer avec une héroïne dans un univers de la même veine (Jessica Jones).

Your move, DC.

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