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Jusqu'où peut-on être méchant?

Avis sur Profit

Avatar Fatpooper
Critique publiée par le

Profit est une série intéressante parce qu'elle décide de nous placer de l'autre côté de la ligne séparant les gentils des méchants ; ainsi, c'est sale type portant bien son nom (Profit) que l'on suit. Beaucoup d'auteurs ont peur d'aborder ce genre de sujet, peur parce que cela pourrait déplaire aux gens ou les choquer. Pourtant, et Hitchcock l'a prouvé, il suffit de donner des conflits à un personnage pour qu'on ait envie de le suivre ; ça ne veut pas dire qu'on s'identifie directement au personnage principal, mais plutôt qu'on s'identifie à ce personnage dans une situation donnée. Ainsi, l'espace d'un instant, dans Psycho, il est donné au specateur l'occasion de s'identifier à Norman Bates qui tente de planquer le corps de sa victime. L'originalité de ce concept de mettre en avant les méchants, c'est qu'il nous est donné à nous spectateur de voir des comportements ou des situations légèrement différentes, car un point de vue est ce qui définit avant tout un fait (c'est ce qu'on appelle la vérité).

Ca commençait très bien avec un premier épisode assez sadique en terme de manipulation. Les épisodes suivants tiennent la route et permettent en plus l'incursion de personnages secondaires intéressants. Malheureusement, je trouve que c'est trop long et que les manipulations se ressemblent un peu toutes. Tant qu'à faire, j'aurais préféré que ce super méchant emploie des techniques différentes. De même, arrivé à l'épisode final, je regrette que la conclusion ne soit pas plus fulgurante ; il y a de fortes chances que les créateurs espéraient encore à ce moment là pouvoir réaliser une seconde saison, mais ce ne fut pas le cas, d'où cette non-fin ; je suis content que la série n'ait pas connu de suite, mais si l'équipe avait pu anticiper cela, ils auraient pu boucler le projet proprement. Dernier regret, que chaque épisode soit un conflit/une menace différent(e) ; le récit aurait gagné en complexité et en densité si tous les épisodes avaient été pensés de façon unitaire, afin d'avoir des obstacles qui se prolongent d'un épisode à l'autre de façon continue, un peu à la manière de The Wire. A part ça, les histoires sont assez sympas à suivre, et les plans machiavéliques, bien que prévisibles une fois qu'on a saisi le méchanisme, font frissonner. Jim Profit, enfin, est un personnage bien construit et fascinnant par tous ses secrets.

La mise en scène est très 90's mais ce n'est pas le pire de l'époque, sûrement parce que ça se déroule principalement dans des bureaux, et que un costard reste un costard, peu importe la décennie. Les effets spéciaux sont un peu cheap mais fonctionnent par rapport au contexte (ce n'est qu'un logiciel de bureau après tout). Les acteurs sont très bons. Adrian Pasdar a une bonne gueule d'américain verreux, mais surtout il a une sacrée voix de méchant ! Je serais curieux de découvrir ses autres films (revoir Near Dark notamment pour lui) et suis étonné qu'il ne travaille pas plus dans le doublage pour dessin animé où il pourrait facilement monter les échelons. Outre sa voix et sa gueule, il joue assez bien, mais sur la fin il fait un peu trop de grimaces (son choix ou celui des créateurs?). Pour le reste c'est cool, léché, la musique calée comme il faut.

Bref, Profit est une série bien divertissante, mais un peu trop longue à mon goût (faut dire je privilégie les mini-séries en général), et qui manque d'une conclusion fulgurante.

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