Queer as Folk (US) – Comment je refuse de baiser comme un père de famille.

Avis sur Queer as Folk (US)

Avatar Ski Pauline
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Quand je lis des critiques de Queer as Folk (USA) une partie de moi a envie de sourire. Oui, cette série est un peu caricaturale. Oui, le casting est très blanc de peau. Oui, elle dépeint une « fausse » vie des personnes homosexuel-le-s, ne représentant qu’une petite minorité pour parler du plus grand nombre.

Mais, fuck, qu’est-ce qu’elle bouge (GRAVE) les lignes. Il faut se rappeler, chers lecteurs, chères lectrices, cher-e-s série addict, que Queer as Folk a débuté en 2000. Pari (très) risqué pour l’époque, c’est la première série américaine à mettre en scène des personnages homosexuel-les qui ne sont pas, soit des objets de moqueries, soit des personnages non-sexualisés. Dans Queer as Folk, on baise (beaucoup), on a des relations (passionnées), on vit des discriminations (trop souvent), mais surtout on résiste. On résiste en sortant du placard, on résiste en participant à la construction et l’évolution d’une communauté d’intérêt et de vie, on résiste en manifestant, on résiste en baisant. Cette série questionne profondément les normes et est une critique piquante de l’hétéronormativité et de la famille traditionnelle américaine. Et, merci beaucoup pour ça. Juste merci.

La question de l’assimilation est présente en toile de fond comme un fil rouge : assimilation identitaire, assimilation aux modèles familiaux dominants, assimilation à la représentation publique de l’homosexualité. Trouver un compromis, fonder quelque chose, ne pas se perdre en route. Pour les personnages, la pratique du sexe est l’acte premier de résistance face à ses normes - je me réfère ici au propos même de Ted – et la profusion de scènes de sexe dans la série représente la volonté (affichée) de subversion des producteurs face à une télévision américaine trop conservatrice. Et juste bravo.

Cet aspect mis à part, cette série est assez classique. L’évolution d’une bande de potes avec leurs amours, leurs déboires, leurs avancées, leurs problèmes à s’accepter, bref une série américaine tout ce qui a de plus traditionnelle. Et finalement, pour une fois, je crois que ça a servi le propos. En proposant ce format, les producteurs font le choix de s’adresser à un public plus large qui y recherchera autre chose que seulement un regard sur l’homosexualité. La démarche est assez fine pour ne pas être passée sous silence. Les producteurs font le choix de transcender un format classique pour servir le propos et visibiliser des personnes discriminées, et ça c’est cool.

J’aurais encore beaucoup de choses à dire sur cette série comme mon amour profond pour Brian et Justin, la joie de voir des lesbiennes à l’écran, un traitement digne et profond de la séropositivité et du SIDA et la satisfaction de voir que la représentation des homosexuel-les à l’écran ne se limitent à des personnages de classes sociales supérieurs comme dans The L Word.

Regardez là et sirotez.

BISOUS

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