Salut les dépravés

Avis sur Salut les musclés

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C'est péniblement que j'ouvris les yeux ce matin-là. Le sang me battait les tempes et tambourinait dans mon crâne violemment. Je ne me rappelais de rien, où si, d'une chose: M'être écroulé lourdement sur mon plumard après avoir épongé le fond de mon cubi de Rosé du Languedoc à 18 degrés.
Je me levai difficilement en me tenant aux mûrs. Mon caleçon "I Luv Alexis Texas" était maculé de tâches de rosé et piqué de trous de boulettes. Je m'approchai de la porte de ma chambre et m'apprêtais à l'ouvrir quand, venus du rez-de-chaussée, j'entendis des sortes de Yodels étranges et surpuissants, et juste après, une salve de rires mécaniques angoissants.

J'enfilais un vieux tee-shirt qui traînais par terre et sortis de ma chambre en titubant légèrement. Je descendis l'escalier en m'agrippant fortement à la rampe quand une nouvelle fois une rafale de rires venus de nulle part m'accueillit au bas des marches.
Intrigué et encore un peu vaseux, je regardai autour de moi et ne reconnut pas mon humble "Chez moi".
J'étais dans une sorte de loft, une grande pièce quasi nue où quelques étagères remplies de bibelots vieillots et poussiéreux étaient fixées sur les murs gris du salon. Des objets curieux étaient disséminés dans ce salon sans vie: Un vélo d'appartement qui semblait n'avoir jamais servi, une plante verte en plastique bon marché et quelques broutilles décoratives de toutes les couleurs franchement hideuses.
Au fond, une porte battante venait délimiter ce salon factice de ce qui semblait être la cuisine. C'est d'ailleurs derrière cette porte de saloon qu'une nouvelle rafale de Yodels troublants, de "La-la-la-itou" étranges venaient d'exploser une nouvelle fois.
Inquiet, je m'approchais doucement de cette pièce où le folklore Tyrolien semblait régner en maître et de laquelle se dégageait une forte odeur de confit de canard et d'haricots blancs.

Je poussais anxieusement la porte battante et tombai nez à nez avec un gros moustachu en tablier de cuisine, affublé d'une coupe mulet à rendre jaloux n'importe quel "Tuning man" du Nord-Pas-De-Calais et d'un accent Toulousain fleurant bon le confit d'oie et la violette.
" Hé bé ! Voilà le pitchou qui est réveillé. Assied-toi et goûte moi ce cassoulet à la couenne de porc, fils.".
Cet accent ! Cette coupe mulet ! Cette moustache !
Tout ça me parlait, mais la cuite de la veille m'empêchait de voir suffisamment clair.
"Tè, en attendant que Framboisier et les copains rentrent, prend cette saucisse et ce bout de lard; ça va te réveiller ça Pitchou !"
BORDEL ! Framboisier et les copains !! Mais c'est bien sûr !! Les Musclés !!
Eric Le Toulousain et son cassoulet maudit !
Mais putain qu'est ce que je foutais là encore ??!!
Le moustachu me prit par l'épaule et m'assis de force face à son cassoulet en m'hurlant quelques "La-la-la-itou" dérangeants en riant aux éclats d'un rire faux Hanounesque. Je me fis une raison et me mis à manger mécaniquement ce cassoulet dégueu en regardant la déco tristounette de cette cuisine, tentant vainement de comprendre ma présence ici.

Tout à coup la porte d'entrée s'ouvrit et toute la bande des Musclés déboula, chantonnant leur célèbre tube "La Merguez Party" en se tenant par les coudes (Par les coudes j'ai dis !).
Framboisier, Minet, Rémy et Papy René, tout le monde était là.
Quand Les Musclés me virent ils m'amenèrent au salon et se pressèrent autour de moi pour voir si j'allais bien.
Tous étaient aux petits soins. Papy René m'amenait un café, Rémy installait de jolis petits coussins autour de moi, et tandis que Minet sautillait comme un cabri avec une passoire sur la tête, Framboisier et Eric assis près de moi, me collait d'un petit peu trop près.
Nos cinq Musclés me narraient leurs nombreuses aventures insipides et redondantes en se serrant dangereusement contre moi. Minet mit sa main autour de mon cou; je sentais le souffle chaud de Papy René sur ma nuque et le regard persistant de Framboisier sur mon entrejambe commençait à m'angoisser.
J'essayais de me lever du canapé pour tenter de respirer un petit peu, mais la poigne solide d'Eric me collât fermement au sofa. Je me sentais de moins en moins bien sur ce canapé en skaï.
Les regards de nos Musclés se croisaient et me laissaient à penser que les choses allaient se corser pour mon petit cul. Les anecdotes rances et insignifiantes se succédaient, Minet me caressait les cheveux en se massant l'entrejambe et les mains de nos amis à nuques longues commençaient à se balader sur mes cuisses.

Pour détendre un peu l'atmosphère et repousser comme je le pouvais les avances empressées de ces messieurs, je demandais des nouvelles d'Hilguegue et de Valériane.
C'est là que je compris le noeud de l'histoire. Nos amis à chemises ridicules devaient, par décision de justice, rester à plus de 150 kilomètres de distance des deux héroïnes de la série.
Apparemment nos priapiques musiciens jouaient de leurs instruments baveux et congestionnés beaucoup trop près de ces pauvres femmes. En effet les deux jeunes femmes servaient depuis quelques années déjà d'esclaves sexuelles pour les bacchanales arrosées de ces messieurs. Soumission, bondage, Gang Bang, nos amis ne leur passaient rien.
Les Musclés, se détendant un peu, me racontaient cette mésaventure judiciaire dommageable en continuant tout de même à lorgner mon petit cul d'un oeil torve.
C'était Framboisier le grand maître de cérémonies, le gourou vicié de cette meute d'érotomanes pervers. Ce marquis de Sade estampillé AB Productions attachait se victimes innocentes et leur faisait subir les derniers outrages.
C'est Papy René et son saxo qui faisait l'ambiance musicale. Une ambiance Rétro-Funk poisseuse qui sentait bon les hormones et la vaseline venait ouvrir le début des hostilités. Nos amis débarquaient huilés et tout de cuir vêtu dans ce salon factice et commençaient leurs ébats malsains.
Minet et son chapeau de cowboy chevauchant Rémy dans un rodéo endiablé.
Eric étalant son immonde cassoulet sur le corps frêle des deux jeunes femmes, les forçant à se masser les seins avec le confit de canard.
Maître Framboisier pendant ce temps-là se masturbait sur une photo d'Ariane accompagné de Jacky et Corbier déguisés en Chevaliers du Zodiaque qui se caressaient mutuellement.

Bordel ! Quel cauchemar ! Les orgies démoniaques d'AB Prod fleurant bon le cassoulet et le lubrifiant à la fraise prenaient vie dans mon esprit. Je compris l’intérêt soudain de ces messieurs pour ma petite personne: Voilà presque un an que les vicieux musiciens n'avaient pu, par décision de justice, approcher le moindre petit cul.
L'excitation de ces messieurs était extrême. La tension montait dans leurs slips bariolés. Les mains moites de nos cinq Musclés se faisaient de plus en plus pressantes et courraient effrontément sur mon corps flasque.

C'est en voyant une photo accrochée au mur du salon que l'idée me vint. EURÊKA !
Je cherchais dans le répertoire de nos amis qui était posé sur la table basse et décrochai le téléphone.

Vingt minutes plus tard on frappait à la porte. Je m'extirpais comme je pus de l'étreinte sauvage des garçons pour aller ouvrir.
JUSTINE !
Se mirent à crier les Musclés en même temps.
Ils se levèrent comme un seul homme et encerclèrent la jeune fille, qui n'avait pas senti le piège que représentais mon coup de fil l'invitant à renouer le contact avec son Tonton Framboisier, dorénavant guéri de ses troubles sexuels.
La jeune fille eut un cri d'horreur en apercevant les Musclés et la bosse turgescente qui déformait leurs pantalons de flanelle s'approchaient d'elle.

Les cris de la Pitchoune et les râles orgasmiques de nos Musclés furent les dernières choses que j'entendis. Je préférais ne pas me retourner.
Rajustant rapidement mon caleçon "I Luv Alexis Texas", je profitais de cette salutaire diversion pour quitter cet appartement maudit sur la pointe des pieds.

Je fermais délicatement la porte d'entrée derrière moi, tandis qu'Eric faisait déjà chauffer son cassoulet démoniaque...

Allez, salut les Musclés !

Illustration illustrative by Richard Grayson

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