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Avis sur Star Trek: Voyager

Avatar Denis Labbe
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Première série de la franchise Star Trek à mettre une femme à la tête d’un vaisseau et au cœur des intrigues, Voyager était en avance sur son temps. Certes, nous sommes toujours dans l’exploration spatiale en pyjama, mais de vraies valeurs humanistes dirigent ces personnages coupés de la Fédération après avoir été projetés dans le Quadrant Delta.
On suit donc la tentative de retour de l’équipage à travers un univers totalement inconnu dans lequel il découvre de nouvelles civilisations, des cultures étranges et des êtres, la plupart du temps, humanoïdes. Pour ne pas perdre ses fans, au fur et à mesure des sept saisons, des éléments familiers (ré)apparaissent comme les Borgs, Q ou des Klingons. Des références à la Terre et à son histoire sont également rappelées, notamment dans les holodecks comme Marseille, Léonard de Vinci, l’époque victorienne voire la Seconde Guerre mondiale. A côté de cela, de nouvelles espèces sont croisées ou affrontées, ce qui donne beaucoup de dynamismes à ces explorations qui renvoient souvent à la série d’origine avec James T. Kirk (évoqué à de nombreuses reprises, d’ailleurs).
Si les cinq premières saisons se laissent suivre avec beaucoup d’intérêt, notamment grâce à des personnages hauts en couleur comme Neelix, Kes ou Seven Of Nine, la sixième est assez médiocre, tournant la plupart du temps autour de mises en abyme, de holodecks ou d’onirisme. On sent que les scénaristes ont parfois tâtonné, se contredisant d’une saison à l’autre. Ainsi, la suppression du personnage de Kes est une erreur, si bien qu’ils le font revenir sans aucune logique. Il remplace cette Ocampa par Seven Of Nine, un ancien drone Borg que l’équipage aide à redevenir humaine. Si ce personnages est riche, son développement dans la septième saison sombre dans le ridicule lorsqu’elle noue une idylle avec Chakotay qui, durant un temps, s’était vraiment rapproché du capitaine Janeway. Les quinze ans de différences entre Seven et Chakotay, ainsi que l’image paternelle qu’incarne ce dernier, rendent cette relation peu probable, surtout qu’elle était proche du Docteur, un hologramme avec lequel elle a passé énormément de temps.
On pourrait multiplier ces errances qui rendent les deux dernières saisons moins réussies. D’ailleurs, l’ultime double épisode est un ratage complet. Il arrive comme un cheveu sur la soupe, alors que l’équipe savait que c’était la dernière saison. Son déroulement et sa dernière image sont d’une rare bêtise. L’intrigue tranche avec les directives sur le voyage temporel et trahit même le caractère de plusieurs personnages, sans oublier la disparition soudaine et étrange de certains d’entre eux qui étaient présents durant toute cette dernière saison.
Star Trek Voyager est une bonne série, qui a sans doute duré trop longtemps, et dont il faut oublier la saison 6.

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