"How can a guy have no faults? To be human is to be flawed. A real hero must struggle!"

Avis sur Steven Universe

Avatar Mathias Bègue
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(Au départ, j'avais écris une critique avec pour titre "Si toutes les côtes de porcs étaient parfaites, les hot-dogs n'existeraient pas". Je me suis ravisé et ai recommencé une nouvelle. La série a changé depuis ça, et il faut absolument que je me remette à neuf.).

Steven Universe est un savoureux mélange de références aux magical girls avec des femmes qui se battent pour leurs survies et défendent leurs valeurs, mais aussi de références philosophiques et sociétales avec des enjeux et des conflits qui font écho à nos vies.

A l'instar des bonnes productions japonaises ou d'Adventure Time, cette série est une souris qui accouche d'une montagne. Alors que les premiers épisodes mettent en image le quotidien du héros et ses petites (més)aventures, on progresse très vite vers des conflits plus importants qui mettent les personnages dans des situations plus difficiles en mettant en doute leurs valeurs et ce qu'ils ont choisi d'être.
Le personnage de Steven passe alors d'un enfant un peu benêt à quelqu'un de plus réfléchi tout en gardant sa sensibilité qui le caractérise.

Avec les épisodes qui font progresser l'intrigue, on retrouve aussi les épisodes fillers qui servent de pause et de vitrines pour les personnages secondaires. Ces épisodes servent de prétexte à approfondir les sujets des épisodes importants.

Prenons l'exemple de "Kiki's Pizza Delivery Service" : un personnage secondaire fait des cauchemars à cause de sa sœur qui n'arrête pas de lui proposer des services, ce qui l'étouffe subséquemment. Steven l'aide en lui affirmant que ce qu'il ressent est bien plus important que l'idée d'avoir une excellente relation avec elle au risque de se compromettre sans arrêt, et de se sentir incompris.

L'épisode "Alone At Sea", important pour l'intrigue, nous montre le personnage de Lapis Lazuli qui refuse les avances du personnage de Jasper après s'être longtemps fusionnée avec elle. On comprend son refus puisqu'un épisode filler nous a déjà démontré l'importance de ne pas étouffer ses émotions, de savoir dire non sans avoir peur de la réaction de l'autre.

Pour ce qui est des personnages, on s'éloigne des poncifs (notamment sur le physique et sur le genre) pour s'approcher des lacunes que nos héros doivent combler. Je prendrais comme exemple deux personnages qui méritent selon moi d'être montrer.

Lapis Lazuli est une gemme névrosée qui a souffert de nombreux quiproquos. Elle prend toujours la faute sur elle par manque de confiance en elle et aux autres. Sa venue sur terre et son amitié avec Steven, qui l'a constamment aidé à s'en sortir, lui a permis de comprendre que la vie est loin d'être figer, que tout est soumis au changement. Elle va accepter à demi le pardon d'un personnage qui lui a fait du mal, et va se donner un air blasé dû à son mécontentement. C'est lorsqu'elle livre à Steven sa pulsion paradoxale (l'idée que se faire maltraiter lui manque, elle étant trop habituée à se plaire dans ses malheurs) et qu'elle affronte ses démons (plus précisément Jasper) qu'elle se rend compte du cercle vicieux dont elle fut emprisonné , et qui lui causait plus de mal et de tort que de bien. Après avoir brisé ce cercle, Lapis Lazuli est devenue plus sociable, n'a plus peur de s'exprimer, et rigole même de son passé douloureux.

Ancienne ennemie des gemmes, Peridot est devenue une de leurs alliées. En sortant de sa zone de confort par sa découverte de la terre, elle va progressivement saisir les qualités de la vie humaine, jusqu' à recevoir un nouveau pouvoir qu'elle n'aurait jamais eu si elle n'était pas du côté des Gemmes. Sa progression est cohérente, Rebecca Sugar affirme même qu'elle a apprécié Peridot au fil des épisodes, car c'est le personnage où elle et son équipe ont travaillé ensemble son développement.

Visuellement, si Steven Universe n'échappe pas à la comparaison avec Adventure Time ou Star Butterfly, les décors grandiloquents et les couleurs rendent ce dessin-animé unique. On retrouve quelques jeux de mots qui apportent de la légèreté, et l'avancée de l'intrigue est ni trop lent, ni trop rapide.

En bref, avec son souci des nuances dans ses propos, Steven Universe est un diamant qui se doit d'être vu.

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