On ne prend plus de gants, on vous en met plein la gueule.

Avis sur The Boys

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Ça y est, elle est enfin là. L’adaptation du Comic de Garth Ennis et Darick Robertson, parue entre 2006 et 2012, en exclusivité Amazon Prime est sortie. Du moins une première saison.
Et putain, c’est bon !
Malgré la relative discrétion qui accompagne sa disponibilité (Bandeau de Une sur Amazon Prime et elle sort le jour de mon anniversaire), la série ne fait pas dans la demi mesure et possède les moyens de ses ambitions.

Il faut dire que le matériau de départ était de premier ordre. Ennis a imaginé un monde contemporain dans lequel les super héros n’ont pas plus de moralité que ceux qu’il sont supposés protéger. Voire plutôt moins en fait.

Si la série ne possède pas la folie (pas toujours maîtrisée) d’Ennis pour le scénario, elle fait une proposition osée. Violente. Mordante. Sexuelle. Politique.

Elle est un crachat à la figure des films de super héros lisses et sans saveur, une réflexion sur l’égoïsme de notre monde, la fuite en avant dans laquelle nous sommes lancés, le manque d’intelligence généralement partagé.

Les acteurs font le job, les personnages sont bien incarnés en dépit des orientations un peu différentes (et décevantes) du comic. Anthony Starr est glaçant en Protecteur, le Français est incarné par une copie de Ryan Gosling dotée d’un vrai charisme, on a droit à un cameo de Simon Pegg dont le personnage qu’il a inspiré dans la BD, Hughie, est joué par un fils de star qui campe bien le loser qui évolue. Dans l’ensemble, ce casting de nouvelles gueules fait du bien. Il est frais, ils se donnent, il y croient et nous aussi.

La série en met plein la figure, les CGI sont au top, la bande son défonce tout, l’action est violente et osée, on rit et on s’étrangle de la noirceur ou de la violence, mais elle accuse quelques faiblesses. À commencer par des raccourcis pris par les scénaristes dans la création des persos, la simplification des intrigues, les ellipses et deus ex machina (notamment dans le dernier épisode) déçoivent un peu. Mis bout à bout, ces éléments questionnent la solidité de l’édifice ainsi créé.

Et il y a cette dernière déception que seuls les lecteurs du comic connaîtront : pourquoi tant de renoncements ? Pourquoi le « bizutage » de Stella est-il devenu si « simple » ? Pourquoi Hérogasme, pivot dans le comic, n’apparaît pas ? La BD allait loin, très loin dans l’irrévérence et si la série se permet quelques folies rarement vues, elle aurait pu aller encore plus loin, frapper encore plus fort.

La fin laisse un tas d’intrigues non refermées tout en en ouvrant de nouvelles, inédites par rapport à la BD, qui appellent sans doute, selon le succès, d’autres saisons. Espérons qu’ils sauront garder cette humanité, cette chaleur, cet aimant à amour qu’ils ont réussi à pondre avec ce premier essai.

En tous cas, elle donne furieusement envie de relire l’intégrale du comic (en 19 tomes).

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