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Avis sur The Mandalorian

Avatar Anthony Costa
Critique publiée par le

Volontairement, je n'avais vu aucune bande-annonce, pas lu de résumé ni rien pour pouvoir me faire la surprise au premier visionnage. Je m'attendais à un Bon, La Brute Et Le Truand version Star Wars, une série sans concessions avec un chasseur de primes redoutable et redouté ; en bref, l'apothéose et le retour à une matière un peu plus brut avec un héros isolé face au monde. Alors on a peu près ça, mais y a un bémol, un très gros bémol. Et c'est pas seulement le Gremlins qui est un problème.
Le premier épisode commençait plutôt bien, j'étais suffisamment conquis par l'esthétique (même si elle est trop léchée), le personnage, l'ordre des Mandalorian, Werner Herzog (qu'est ce qu'il fout là, je me le demande encore)... Et d'un seul coup, sans prévenir, le début du drame ! La-chose-dont-on-doit-pas-prononcer-le-nom est arrivé.

Evidemment, tout est fait pour le rendre absolument adorable, Baby Yoda qui emmerde le Mandalorian en jouant avec les manettes du vaisseau, Baby Yoda qui devient l'idole des petits enfants, Baby Yoda qui dévore goulûment des pauvres créatures inoffensives

ect... On veut vous faire aimer ce maudit personnage, même si vous l'aimez pas, vous l'aimerez quand même, Internet s'en charge.

Mais le vrai problème de cette série est dans la construction de son intrigue. Les ficelles du scénario se voit comme un chasseur Tie paumé dans un supermarché et surtout, j'avais la désagréable impression de voir des niveaux de jeux vidéos se succéder :
Phase 1 : en deux trois lignes de dialogue, le héros part en quête
Phase 2 : il fait la quête (et se découvre un splendide élan paternel pour la mignonne petite créature, la créature fait des trucs mignons pour qu'on l'achète à Noël)
Phase 3 : fin de la quête, il s'envole vers de nouvelles aventures random
L'intrigue peut nous tenir en haleine dans ses deux premiers épisodes mais tout devient affreusement mollasson à cause de ce système de "un épisode, une aventure différente". On n'éprouve aucun suspens sur ce qui pourrait leur tomber dessus. On peut attribuer cette faiblesse au fait qu'il soit chasseur de primes et ça justifierait le principe, le souci, c'est qu'avec un personnage comme Baby Yoda qui fait qu'il est traqué par la moitié de la galaxie, on en vient à se demander où est le suspens. Mais il y a pire : les Deus-Ex Machina.

Par exemple, quand le Mandalorian se bat contre l'espèce de Rhinocéros des étoiles faisant approximativement 1 tonne, on voit clairement qu'il s'en prend plein le museau. Et forcément, Baby Yoda attend pile poil le dernier moment pour utiliser la Force et faire léviter le bousin ; puis le Mandalorian achève le bestiau en one-shot avec un cure-dent. Comme par hasard.
Autre exemple, quand lui et Carga s'embrouille au point de tout faire péter et que le Mandalorian se retrouve face une ville entière de malfrats, cerné dans son coin et sans espoir, il peut bien sûr compter sur son peuple pour lui sauver la peau des fesses même s'ils se sont engueulés cinq minutes auparavant. Hallélujah, c'est beau l'amitié de dernière, DERNIERE minute.

Ces petits problèmes rendent l'histoire insipide, en gros manque de dynamisme et m'ont fait quitter le navire à la fin de l'épisode 5. Peut-être que j'avais des attentes trop hautes pour une série qui doit plaire à tout âge, pourtant, il y a toutes les recettes pour faire un show beaucoup moins insipide : le héros est intéressant, l'intrigue autour de Baby Yoda est suffisamment mystérieuse pour se pencher dessus ect... Mais la sauce ne prend pas.
Finalement, c'est comme Star Wars 7, c'est pas bien, c'est pas mauvais en tout point, mais y a clairement des séries plus intéressantes à regarder et j'ai le sentiment de m'être fait entuber par une poupée à 30 euros sur internet.

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