Prison Break, la version culinaire.

Avis sur The Promised Neverland

Avatar Mad Dog
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Gros hit du Shonen Jump de ces dernières années, j'ai maté cette première saison de The Promised Neverland. On avait été fortement teasé et on savait globalement ce qu'il se passait dans le pilote avant de le voir. En gros, que des enfants surdoué qui vivaient dans un orphelinat idyllique apprenaient du jour au lendemain qu'ils n'étaient que des animaux dans une ferme, élevé afin de servir de viande de choix pour des monstres bizarres.

La surprise c'est surtout qu'au lieu d'avoir une série d'horreur, comme on s'y attendait, où des enfants font face à des monstres capables de les dévorer, on a plutôt un récit de suspens entre Death Note et Monster qui rappelle aussi les récits d'évasion, comme l'Evadé d'Alcatraz ou Prison Break. (Cités explicitement par la scénariste.) On assiste donc à l'histoire d'enfants surdoués qui décident d'inventer un plan pour sortir de leur orphelinat, celui-ci se situant dans un monde différent du notre (il y a des indices nous montrant que ça pourrait se passer dans le futur) mais bloqué dans une sorte de XIXe siècle gothique et dont on sait très très peu de chose.

Un bon sens de l'écriture

Autant le dire : c'est vraiment bien écrit. On sent que Kaiu Shirai a potassé ses classiques de suspens : plans ambitieux qui sont déjoués, cliffhanger hyper prenant, retournements de situations. Le truc est qu'autant que les gamins, on fait la découverte du monde qui les entoure : qu'est ce que l'orphelinat ? Comment est-il géré ? Il y a quoi dehors ? Comment on sort ? Chaque nouvel indice ou chaque révélation est pour nous hyper intéressante.

De plus, l'auteur à su gérer ses personnages. L'intrigue tourne autour du fameux "Power Trio" une formule qui a fait ses preuves (notamment dans Star Trek) avec d'un personnage de chef (Norman) entouré par un personnage gouverné principalement par l'émotion (Emma) et un autre gouverné principalement par l'intellect (Ray.) Et ça fonctionne très bien : aucun n'est trop boulet, tous sont plutôt attachants et on arrive vraiment à être pris dans leurs réflexions sans qu'on arrive à un "mind game" totalement pété (à la Death Note, donc.)

Et surtout, ils ont mis le paquet sur l'antagoniste, Maman qui est une pure saloperie et qui niveau "méchante cachée sous un visage de gentille" fait vraiment très très fort. Pour le coup, les démons qui sont censés entourer l'orphelinat semblent être des petits bras face à la façon dont celle-ci renverse toujours la situation à son avantage.

Et ils arrivent à nous la rendre limite touchante à la toute fin de la saison. C'est fort.

Et une bonne animation :

Le chara-design de Posuka Demizu fonctionne très bien, notamment en animé. Pour le coup, le studio Cloverworks savait qu'ils diffusaient un hit et qu'il ne fallait pas se louper. Mis à part des décors en 3D qui font parfois très fake, ça reste quand même super beau à voir. Même le générique de début m'avait paru un petit peu trop guilleret au début, mais au final, il met bien en valeur que l'on va voir une série de suspens basé sur la fuite, l'entraide et l'intellect. Du coup, ça va.

Mon avis sur la fin de saison :

Les gens qui comparent cette série à Prison Break n'ont pas tort, car ça respecte la structure : "Saison 1 = l'évasion" / "Saison 2 = la fuite" et tel l'Attaque des Titans, j'attends que ça soit une série qui pourrait me dérouter et ne jamais être là où je pensais qu'elle irait.

Alors, certes, il faut une grosse suspension d'incrédulité pour imaginer que des gamins de 5 ans puissent escalader un mur, avoir des pré-ado capable de se couper l'oreille sans hurler et s'enfuir tout en contenant l'hémorragie avec une petite pression de la main (ou avoir une super hématie de fou) ou AVOIR DES GAMINS DE 4 ANS CAPABLES DE COMPRENDRE UN PLAN COMPLEXE. Soit ces gamins sont définitivement des surdoués (ce qui ne serait pas étonnant vu que l'un d'entre eux se souvient avec perfection ce qu'il se passait dans le ventre de sa maman) soit la mangaka n'a jamais approché pour de vrai un enfant (vu le taux de natalité du japon, ça serait pas étonnant non plus, tiens...)

Mais au final, ce sont tout un tas de défaut que j'accepte, parce que le scénario est bien et que ça reste tellement prenant et bien raconté pour que je me dise "osef." Surtout qu'on est sur une oeuvre foncièrement... optimiste. Le personnage d'Emma débloque totalement la situation malgré ses idéaux, les petits arrivent à s'en sortir et mis à part Connie (qui est un peu l'équivalant de la maman d'Eren de l'Attaque des Titans) Soeur Krone et ... peut-être Norman (et encore...) on croûle pas sous les morts.

Voilà, The Promised Neverland vaut toute la hype qu'il y a autour, et je serais devant mon ordi pour la saison 2 (si j'ai pas lu la suite en manga d'ici là.)

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