Yamato 2199 - Etoiles, garde à vous !

Avis sur Uchuu Senkan Yamato 2199

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Uchū Senkan Yamato 2199 n'est rien de moins que le remake de la célébré série des 70 qui avait été un temps la figure de proue du manga "adulte et intelligent" par opposition aux dessins animés pour enfants. C'est donc une œuvre cultisme que... je n'ai pas vu. Du coup je ne pourrais absolument pas comparer les deux versions même si ce serait vachement intéressant de le faire vu les presque 40 d'écarts ! En revanche Yamato version 2012 peut facilement se comparer à une autre œuvre de science-fiction plus proche de nous, Battlestar Galatica. Outre l'intérêt d'avoir un point de comparaison pour la critique cela me permettra d'aborder l'extrême ressemblance entre les deux séries et du coup de passer outre la différence de support.

Donc l'histoire d’Uchū Senkan Yamato prend place dans un futur où les terriens à peines capables de sillonner leur système solaire sont entrés en conflit avec les éclaireurs d'un lointain empire galactique. L'avant-poste de l'empire est installé sur Pluton d'où les "Gamilas" bottent régulièrement le cul des humains et bombardent la terre à coup de météores. La population de la terre, qui est sur le point de devenir inhabitable, est partiellement évacuée vers les colonies de mars et de la lune mais elles ne pourront accueillir tout le monde et des milliards d'êtres humains sont à l'agonie dans les bunkers souterrains. C'est alors qu'une autre civilisation extraterrestre vient en aide aux humains en leur donnant des plans pour une technologie plus avancée et en leur envoyant un membre de leur races... qui se crash à l'arrivé, un point manque de bol. Les extraterrestres disent aussi pouvoir sauver la Terre si un vaisseau terrien parvient à les rejoindre. Le Yamato, cuirassé de la second guerre mondiale joyaux de l'armada japonaise et coulé par les américains, est remis à jour par la technologie alien et va donc devoir traverser tout l'empire des Gamilas au cours d'un voyage d'un an.

Première chose qui frappe c'est le classicisme absolu du scénario mais quand on y réfléchit c'est en partie la série de 1974 qui a écrit les codes du genre du coup difficile de remettre ça en cause. Par contre aucune idée de pourquoi les humains n'ont pas essayé de négocier ou de se rendre, d'autant plus que se sont eux qui ont provoqué le conflit en ouvrant le feu les premiers lors du "premier contact". C’est du « jusqu’à la mort les gars et vous posez pas trop de questions ».

On retrouve ici plusieurs grands thèmes classiques du space-opéra, et en premier lieu le vaisseau et son équipage plus ou moins perdus dans l'espace inconnu et infini, traqué par une flotte entière d'ennemis, la quête pour sauver l'espèce humaine et l'objectif de rencontrer une gentil civilisation alien à l'autre bout de la galaxie. On a aussi quelques phases d'exploration de monde mais ça reste marginal dans l'intrigue et ceux-ci ne sont généralement pas habités, pas de StarTrek-Gate donc.

Au passage c'est marrant que quel que soit le support (film, livre, jeux vidéo, manga) les militaires du futurs soient souvent les premiers à ouvrir le feu sans même poser de questions à nos visiteurs et ce malgré l'écart technologique évident. A croire que les réalisateurs/écrivains ont tous en têtes le même cliché du militaire supra-bourrin. C'est d'autant plus bizarre que nombres de ces produit, Yamato en tête, valorisent au maximum les valeurs guerrières tel que le courage, l’esprit de sacrifice ou la camaraderie des combattants. Mais je m'égare.

D'ailleurs dans ce domaine Yamato n'y va pas avec le dos de la cuillère, les personnages ont trois mots récurrent dans leur vocabulaire : sacrifice, devoir et sauver-terre. Comme avec beaucoup de chose dans Yamato on frôle le ridicule mais on l'évite grâce à une réalisation impeccable et des musiques qui savent rendre le drame dramatique et la bravoure héroïque même dans ces pires moments d'exagérations.

Cela nous amène à une partie importante de l'anime, la baston. Une fois de plus la réalisation sonore et visuelle est impeccable, la chorégraphie, élément très important dans un ballet spatiale, envois du lourd dans notre rétine. Le Yamato enchaine les combats, traverses les pièges de l'espace et de ses ennemis avec classe mais n'en ressort jamais intacte. Ce qui pose le premier problème, le Yamato est régulièrement perforé, défoncé ou en feu, pourtant il n'est jamais à cours de pièce de rechange ou de membres d'équipages. A chaque épisode il a l'air de sortir de l'usine peu importe les dégâts qu'il a pris dans le précédent alors que voir les traces des réparations, le blindage déformé, des trous dans la coque sa aurait été infiniment plus classe et bien plus logique. Faire apparaitre le vécu du vaisseau quoi.

Un autre élément agaçant est l'attitude de certains personnages aux combats et plus particulièrement du capitaine du Yamato. Celui-ci attend que tout aille mal pour enfin ce décider à donner des ordres généralement complétement obvious alors que ces subordonnés le harcèlent depuis un moment pour qu'il fasse enfin quelque chose de concret. Oui, concret, parce qu'en générale il se contente de fixer l'espace le regard vide ou bien de défier le commandant adverse du regard... d'un vaisseau à l'autre...
Je sais que l'on est parfois nostalgique du "vieux" sauf que là c'est juste une manière de filmer les combats qui est dépassée et qui frôle par moment le ridicule, heureusement que les musiques et l'ambiance sont là pour faire passer la pilule encore une fois.

Les épisodes suivent le voyage du Yamato qui n'est qu'une longue suite de péripéties spatiale, et là on pourrait dresser un check liste de tous les problèmes que va rencontrer l'équipage d'un vaisseau spatiale. Nous avons le trou noir qui veut les bouffer, la zone fantôme, la flotte ennemie, puis le vaisseau furtif qui les harcèlent, l'escale sur une planète hostile, la capture de membres d'équipage et ainsi de suite. Limite manquerait plus qu'il y ait un alien parmi l'équipage... ha mince, j'ai parlé trop tôt.

Puis vient le classique épisode du soulèvement d'une partie de l'équipage, présent aussi dans Battlestar, à croire que les équipages de vaisseaux spatiaux sont tous des descendants des rescapés de la Bounty! C'est comme les mecs qui sortent dans chaque film de guerre "j'ai pas signé pour ça" mais merde bien sûr que t'a signé pour ça ! D'ailleurs on ne sait pas trop pourquoi ils se soulèvent après avoir fait les deux tiers du chemin, peut-être l'isolement dans l'espace qui commence à en rendre certain fou. Contrairement à leur vaisseau invulnérable les personnages semblent en effet être peu à peu usés par l'interminable voyage. La nostalgie, la peur de l'échec et d'autres choses encore en rongent certains qui devront passer outre leurs névroses pour amener le Yamato à bon port.

Toujours dans l'idée de la folie du à l'isolement certain croient aussi voir un fantôme errer dans le vaisseau et la aussi c'est du classique de space-opéra, hérité des légendes de marins peut être.
Les personnages justement, ils sont nombreux et développés dans une certaine mesure.
J'ai déjà parlé du capitaine, vieillard sympathique qui considère tout l'équipage comme ça progéniture, mais dont la santé vacille régulièrement. A chacune de ces crise de... on ne sait pas trop quoi, l'équipage est perdu et se déchire. C'est d'ailleurs lors d'une de ces crises que survient la révolte. Il est l'âme du Yamato et bien plus encore et en même temps son exact contraire. Là où le Yamato est invulnérable aux armes et au temps (il approche des 300 ans le rafiot) lui est rattrapé par l'âge et la maladie. Là où le vaisseau n'est qu'une coque impersonnel car privé de l’intelligence artificiel à la voix rassurante présente dans la plupart des séries SF, il est la figure de proue paternelle. Okita et Adama même combat, deux commandants à la figure paternelle inébranlable dont le moindre moment de faiblesse font vaciller leurs équipages.

Le personnage masculin principal ainsi que le personnage féminin principal sont tous les deux plutôt transparent, ils n’ont rien pour se démarquer avec leur romance coincé, sauf peut-être au dernier épisode, face à une horde de personnages secondaires sympathiques à défaut d’être marquant. Car là aussi le cliché et omni présent avec des rôles secondaires vu et revu. Et comme dans Battllestar l’un des personnages les plus badass est une femme pilote de chasse très doué mais en plein tourment intérieur. Les ennemis restent quant à eux extrêmement superficiel, beaucoup n’étant même pas réellement mauvais, juste des soldats qui obéissent aux ordres des aristocrates décadents qui dirigent l’empire. Certains militaires Gamilas iront jusqu’à sympathiser avec l’équipage du Yamato dans une amitié virile respectueuse de la bravoure mutuel.

La différence majeur est que BattleStar se perd dans un délire mystico-psychique là ou Yamato reste bien heureusement un peu plus terre à terre hormis en quelques occasions vers la fin mais sans que le mystique ne prennent le pas sur le profane. En effet un moment le doute survient ou l’on peut se demander si ce n’est pas Dieu qui tente de sauver/communiquer avec l’humanité mais heureusement la série ne tombe pas dans ce piège-là. En revanche l’histoire du fantôme reste assez déroutante et manque d’intérêt pour justifier sa présence.

Autre chose sur l’âge de la série, les aliens sont tous des humanoïdes très humains à part la couleur de peau, bleu en l’occurrence pour la noblesse Gamilas. A noter aussi la présence d’Elfes dotés de pouvoir psychique. Il y même un partie de la leur population qui est totalement humaine, du moins dans son apparence sans qu’on est d’explication à ce sujet. On sent quand même que ça manque cruellement d’imagination au niveau des races extraterrestres.
Je sais que j’insiste beaucoup sur l’âge et l’aspect de la série mais c’est plus pour nuancer et expliquer ces défauts que pour l’enfoncer. Un produit culturelle quel que soit sa qualité première ne peut pas traverser plus de quarante ans sans stigmates et ce malgré une mise à niveau visuel.

En conclusion Yamato est une grande fresque militaire à l’ancienne qui fait étalage de tous les clichés et poncifs du genre mais qui s‘en sort bien malgré tout. Les épisodes s’enchainent sans trop de perte de rythme malgré un format trop long, sur 26 épisodes il y a quand même quelques longueurs. Les gentils sont très gentils et les méchants très… nazis, dans leur nom et leur uniformes. Bien plus que les codes du manga ou du shonen se sont ceux des films de guerre des années 70-80 que l’on retrouve dans Yamato combiné avec de la SF. C’est un classique, c’est agréable à voir mais ça n’est pas exceptionnel pour autant, l’indéniable souffle épique de l’œuvre la sauve du désastre plutôt que de la porter vers la grandeur, du coup je lui donne 7/10, note qui reflète mes sentiments mitigés au sujet du Yamato et de son voyage à travers les étoiles.

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