Voir la série

Ser Duncan le Grand et son jeune écuyer, Egg, cheminaient tels deux âmes vagabondes sur les routes poussiéreuses de Westeros ; mû par l’ardeur chevaleresque et le noble appétit de gloire, le preux chevalier se résolut à de prendre part à un tournoi.

  • Saison 1 - « Il a jeté mon chat dans un puits »

Une geste rénovée sous l’azur des Sept Couronnes

Miraculeuse transposition que celle de A Knight of the Seven Kingdoms, laquelle, dès sa première saison, se dresse telle une bannière neuve claquant au vent des antiques chroniques ! À nous autres, lecteurs fervents et longuement initiés aux pages enluminées de George R. R. Martin, l’ouvrage télévisuel offre un puissant divertissement foncièrement fidèle : le spectateur érudit reconnaît, non point trahis ni mutilés, mais exaltés, les récits originels.

Il semble que la caméra, respectueuse et diligente, ait bu à la source même des nouvelles, tant l’esprit en est conservé avec une déférence exemplaire. Les chemins poudreux, les liceurs criards, les auberges aux senteurs mêlées de suif et d’orge fermentée : tout cela respire avec une authenticité sans afféterie. L’on sent que les scénaristes n’ont pas voulu réinventer la geste, mais la servir, comme un écuyer attentif présente l’épée à son chevalier.


Le retour d’un héroïsme candide et lumineux

En ces temps où l’on nous accoutuma aux figures équivoques, aux consciences fêlées, aux ambitions délétères, voici qu’advient un personnage d’une droiture archaïque. Ser Duncan le Grand — notre Dunk — apparaît tel un colosse à l’âme claire, un parangon de probité dans un monde où la duplicité fleurit comme chiendent en friche.

Ce choix dramaturgique, loin d’appauvrir l’intrigue, la rend plus émouvante encore. Car suivre un homme qui s’efforce sincèrement de faire le bien, malgré ses gaucheries et ses bévues, procure une satisfaction d’une pureté rare. On ne guette plus la trahison ; on espère la victoire morale. Et cette espérance, simple et vibrante, allège le regard.


Une cadence vive, sans scories ni longueurs

Le format ramassé — épisodes d’une demi-heure — imprime à l’ensemble une ardeur remarquable. Nulle scène oiseuse, nul bavardage décoratif : chaque échange, chaque joute verbale ou martiale participe à l’édification des caractères. L’intrigue avance avec la sûreté d’un destrier bien ferré, sans s’embourber dans des détours superflus.

Cette brièveté maîtrisée évite l’éparpillement et concentre l’émotion ; elle rappelle la concision nerveuse des nouvelles dont elle procède. On sort de chaque épisode avec l’impression d’avoir parcouru un chapitre dense et savoureux, sans pour autant éprouver la lassitude que suscitent parfois les fresques trop étirées.


Un duo d’une exquise complémentarité

Mais ce qui, par-dessus tout, emporte l’adhésion, c’est l’alliance contrastée de Dunk et d’Egg. Le premier, géant débonnaire, d’une ingénuité impressionnante ; le second, frêle garçon au regard aigu, héritier d’un sang royal qu’il dissimule sous des dehors mutins. Cette dissymétrie engendre des scènes d’une saveur incomparable.

Peter Claffey incarne Dunk avec une justesse admirable : large d’épaules, un peu empoté, mais le cœur constamment orienté vers le juste. Il donnee au chevalier errant une humanité palpable, jamais emphatique. À ses côtés, Dexter Sol Ansell prête à Egg une vivacité malicieuse, une intelligence précoce qui pétille comme une flamme sous la cendre. Leur entente à l’écran relève de l’évidence : regards échangés, silences partagés, disputes brèves et réconciliations implicites tissent une complicité qui ravit.


L’allégresse d’un lecteur comblé

Pour qui a longuement fréquenté les livres du démiurge, cette adaptation n’est point une simple déclinaison audiovisuelle ; elle est une célébration fidèle, presque amoureuse, de ces récits plus modestes en apparence que la grande saga, mais d’une sève chevaleresque infiniment touchante. On y retrouve le goût des tournois, la fragilité des serments, la noblesse imparfaite des hommes.

En achevant cette première saison, je me suis surpris à éprouver cette allégresse juvénile que procure la redécouverte d’un conte aimé : la certitude que l’héroïsme, même naïf, peut encore briller sans ironie, et que deux silhouettes — l’une massive, l’autre menue — cheminant sur les venelles sinueuses des Sept Couronnes, suffisent à ranimer notre ferveur de lecteur émerveillé.


Trilaw
8
Écrit par

Créée

le 2 mars 2026

Critique lue 28 fois

Trilaw

Écrit par

Critique lue 28 fois

4

D'autres avis sur A Knight of the Seven Kingdoms

A Knight of the Seven Kingdoms

A Knight of the Seven Kingdoms

9

Demolition-Man

85 critiques

Médiéval spaghetti

La flemme d'écrire un billet là dessus. Primo parce que j'ai perdu le goût d'écrire. Dezio parce que j'en ai une en tête sur Primate qui m'a bien fait rigoler. Troizio parce que sa sapientissime...

le 20 janv. 2026

A Knight of the Seven Kingdoms

A Knight of the Seven Kingdoms

8

Nicolas-Elie

55 critiques

Après le bruit et la fureur...

On va causer, pour de bon, de cette saison complète de **A Knight of the Seven Kingdoms**, je l’ai aimée – profondément. On ne sort pas de là en simple spectateur. On sort avec quelque chose en...

le 20 janv. 2026

A Knight of the Seven Kingdoms

A Knight of the Seven Kingdoms

8

Eric-Jubilado

6846 critiques

Westeros vu d’en bas

Game of Thrones a été une anomalie, certes superbe par beaucoup d’aspects, mais une anomalie quand même dans l’histoire des séries TV : immensément populaire lors de sa diffusion, avec un impact...

le 3 mars 2026

Du même critique

Simone - Le voyage du siècle

Simone - Le voyage du siècle

9

Trilaw

1926 critiques

« Bientôt s’éteindra cette génération qui ne devait pas survivre »

Le film est farouchement et profondément féministe mais quoi de plus normal pour un métrage dédié à une femme extraordinaire qui a permis que l’un des droits les plus élémentaires pour elles, même si...

le 24 nov. 2022

Avatar - La Voie de l'eau

Avatar - La Voie de l'eau

5

Trilaw

1926 critiques

« On ne congèle pas les bébés »

Treize ans de longues années d’attente patiente pour un résultat aussi famélique. Commençons par la fameuse 3D, je me souviens d’un temps où les lunettes 3D étaient devenues un outil indispensable...

le 16 déc. 2022

Daaaaaalí !

Daaaaaalí !

5

Trilaw

1926 critiques

« Il pleut des chiens morts »

Une journaliste doit réaliser une entrevue avec Salvador Dali.Qui était assez surréaliste à l’instar de l’art du peintre pour réaliser un métrage sur le maître, si ce n’est Quentin Dupieux qu’on...

le 7 févr. 2024