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SuivreHell like teen spirit
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Des plans-séquence d’une heure plein de maîtrise sur 4 épisodes, c’est très fort. La performance de tout ceux qui ont participé à cette série est donc à saluer, car l’engrenage des mouvements est huilé à la perfection. Dans cet exercice exigeant, les acteurs s’en sortent magistralement, que ce soit le jeune Owen Miller, archétype de l’élève taiseux et calme qui bouillonne pourtant à l’intérieur, et aussi et surtout Stephen Graham, qui campe la figure du père lambda, bosseur, quelque peu musculeux par son travail d’électricien de banlieue anglaise populaire à la perfection.
Pour autant, certains éléments de la série n’ont pas fonctionné chez moi. Le plan séquence fonctionne à merveille dans l’épisode 1, où il nous plonge dans un état de sidération permanent et ne nous laisse aucun répit. Mais, dés l’épisode 2, la volonté de rendre chaque seconde excessivement vive et impactante tombe à l’eau dans le cadre scolaire.
Ce qui fonctionnait pour une descente brutale de police, puis la conduite du suspect au commissariat (où il subit des tests, l’interrogatoire, etc.) ne fonctionne pas dans les couloirs de l’école. En effet, la tension recherchée dans le collège de Jamie est peu crédible. Les classes sont ingérables, l’action y est démesurée, alors que la nouvelle d’une mort plongerait la totalité de la communauté éducative de n’importe quel collège dans la sidération la plus totale.
L’épisode 3, centré sur la rencontre avec la psychologue, est intéressant mais le plan-séquence semble gratuit (mais on a compris que c’était le concept) : dans une scène dénuée de mouvement, la caméra se contente de tourner autour des protagonistes qui livrent une performance pourtant encore pleine de maîtrise.
Là où la série réussit le plus, c’est lorsqu’il s’agit d’expliquer la complexité des rapports intra-familiaux lors d’un évènement aussi tragique, notamment par la relation entre le père et le fils : le père partagé entre l’amour qu’il a pour son fils et une injonction morale de vérité et de justice pour Katie, puis le fils, dans un état de sidération absolu, qui est coincé dans une posture de déni. Tout cela est excellement fait dans l’épisode 1. Le dernier épisode, à nouveau, pose de vraies questions sur la responsabilité familiale et/ou numérique, tout en manquant de complexité et de nuances. Et enfin, tant qu’à faire dans la volonté affichée de pédagogie, pourquoi n’avoir pas réalisé un/des épisode(s) sur le procès pour expliciter comment on juge dans le système britannique.
En dehors cet exploration de l’intime au niveau familial, les tentatives d’explication de la montée en puissance du masculinisme chez les adolescents ne sont pas assez explicites. La série n’explique pas grand-chose de profond si ce n’est que « c’est à cause des écrans et des réseaux sociaux ».
Du coup, quand des gouvernements proclament qu’il faut montrer cette série aux adolescents, je veux bien mais pour qu’ils apprennent quoi ?
Peut-être comment réaliser un plan-séquence en légende, mais certainement pas pour mieux comprendre la culture incel/mascu.
Créée
le 28 mai 2026
Critique lue 4 fois
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