J’avoue céder à l’attrait du plan séquence, tout simplement parce que ce que j'aime avant tout dans un film ou une série, c’est le jeu d’acteur. Le plan séquence implique le même jeu de la vérité qu’une représentation de théâtre : beaucoup de travail en amont, des répétitions millimètrées jusqu’au jour J où l’on prononce le mot "action". En cela, Adolescence est un modèle du genre, comme le fut en son temps l’excellent 1917 de Sam Mendes. Tient, encore un britannique... ce n’est pas un hasard, car le vivier britannique est riche et inventif de tels talents... Le plan séquence offre à l’acteur la possibilité de vraiment montrer ses tripes, sans concession, en allant chercher au plus profond ce qu’il a à montrer. Adolescence réussit la prouesse de fournir cette opportunité à de tous jeunes acteurs qui déballent tout, et en cela le jeune Owen Cooper est impressionnant.
Ensuite, le scénario est très intelligent et les 4 épisodes totalement captivants. On n’arrive pas à en décrocher jusqu’à savoir où l’on veut nous emmener (format parfait pour une nuit d’insomnie...). L’important n’est pas vraiment le drame, dont on connaît le déroulé et l’issue au bout de l’épisode 1, mais ce qui en découle pour les protagonistes dans les jours et les mois qui suivent. Les souvenirs sont confrontés, les non-dits s’entrouvent. Bref, j’ai adoré, je piaffe d’impatience de voir la saison 2, qui est à la fois inévitable et indispensable.