Avec Jack Thorne et Stephen Graham à la barre, Adolescence explore une jeunesse en tension, filmée au plus près de ses dérapages.
Chaque épisode, tourné en plan-séquence, offre une immersion brute et sans échappatoire dans la trajectoire de ses jeunes protagonistes. Cette prouesse technique n’est jamais gratuite : elle sert à renforcer l’étouffement progressif, à l’image de ces existences que l’on voit s’effriter en temps réel. L’implication des comédiens est d’autant plus cruciale dans ce dispositif, et le jeu de Stephen Graham ou d'Ashley Walters, tous deux justes et habités, incarne avec force des figures adultes parfois dépassées, mais jamais caricaturales. J’ai particulièrement apprécié le regard bienveillant porté sur les personnages, même dans l’horreur : l’école n’est pas diabolisée, les parents ne sont pas accusés. L’empathie est constante.
Mais cette sensibilité vacille par moments, notamment dans la dénonciation des réseaux sociaux. J’ai trouvé que l’on y voyait surtout du harcèlement, des propos incels, sans réelle balance, ce qui donne à l’ensemble une tonalité un peu moralisante.
Malgré ces déséquilibres, la série m’a profondément touché et son efficacité technique la rend incontournable.