Autrefois référence absolue du paysage audiovisuel sportif français, "L'After Foot" a troqué son expertise tactique, sa liberté de ton historique et sa hauteur de vue contre la quête effrénée du buzz sur les réseaux sociaux. Ce qui faisait la force de l'émission — l'analyse froide combinée à la passion brute — a laissé place à un spectacle de bas étage, marquant un point de non-retour avec le changement de génération de ses chroniqueurs.
Du décryptage footballistique au buzz permanent
L’émission historique portée par Gilbert Brisbois et Daniel Riolo, qui savait disséquer le jeu et dénoncer les dérives structurelles du football, s'est banalisée. Aujourd'hui, le conducteur de l'émission semble dicté par les tendances de X (ex-Twitter). On assiste à une succession de débats stériles, de surréactions à chaud et de polémiques futiles qui vident le football de sa substance technique et tactique.
L'arrivée et l'omniprésence de Walid Acherchour incarnent parfaitement cette trajectoire descendante. Là où d'anciens intervenants apportaient une culture footballistique internationale ou un vécu de terrain, ce dernier impose un style propre aux influenceurs du web.
Il y a chez lui une absence d'expertise technique : ses analyses se limitent trop souvent à des jugements purement émotionnels, des punchlines répétitives et une rhétorique de comptoir. Le vocabulaire tactique est pauvre, le décryptage du jeu quasi inexistant.
Plus grave encore, ses interventions basculent régulièrement dans un prisme identitaire et clientéliste. Plutôt que de défendre une vision universelle ou objective du football, ses positions semblent dictées par la défense systématique de certains joueurs, clubs ou chapelles virtuelles, flattant une communauté numérique bien précise pour s'assurer une popularité facile.
Son positionnement repose sur l'outrance verbale et l'incapacité à accepter la contradiction, transformant le plateau de RMC en un espace de chamailleries stériles qui fatiguent l'auditeur historique.
En résumé, en installant des profils issus de la culture du "clic" plutôt que du journalisme ou du sport de haut niveau, "L'After Foot" s'est sabordé. L'émission "n'éduque plus", ne décrypte plus ; elle alimente la toxicité des débats numériques. Un immense gâchis pour une marque qui a si longtemps dominé les soirées des passionnés de football.