Avec All’s Fair, Ryan Murphy signe l’un des naufrages télévisuels les plus retentissants de 2025. Il ne s’agit même pas d’une déception, il n’y avait rien à en attendre ; mais d’une évidence : la série s’impose comme l’une des productions les plus médiocres de l’année, et justifie pleinement la sévérité de ses critiques.
La narration repose officiellement sur la vengeance du personnage interprété par Sarah Paulson, censée constituer le fil conducteur du récit. Mise à l’écart des années plus tôt lors de la création d’un cabinet prestigieux, elle entend se venger de ses anciennes collègues. Mais cette intrigue principale ne dépasse jamais le stade du crépage de chignon prolongé, sans tension dramatique, sans profondeur, sans véritable enjeu.
Autour de cette trame déjà fragile gravitent plusieurs sous-intrigues, toutes parfaitement inutiles. Elles n’apportent ni relief, ni progression, ni cohérence, et ne servent qu’à remplir artificiellement des épisodes déjà dénués de substance. L’épisode 8 en est le parfait symbole : une succession de scènes de sexe, dépourvues de propos et totalement coupées de toute construction narrative.
L’interprétation est à l’image du reste : désastreuse. Kim Kardashian est d’une vacuité absolue, Sarah Paulson tombe dans la caricature, Naomi Watts se fourvoie. Seule Glenn Close parvient à maintenir un minimum de dignité artistique : son expérience transparaît, même si elle ne suffit évidemment pas à relever un ensemble aussi indigent.
Sur la forme, la série accumule les fautes : mise en scène approximative, rythme décousu, direction artistique incohérente. Les personnages, censées être des avocates de renom à Los Angeles, sont affublées de tenues extravagantes : panthère, minijupes, maquillage outrancier, qui relèvent davantage de la parodie que du drame juridique.
En définitive, All’s Fair est une œuvre creuse, vulgaire et mal conçue, privée de vision comme d’intérêt. Un produit télévisuel sans cohérence ni nécessité, dont la seule qualité est de révéler l’ampleur d’un échec.