« Dans cette voix, j’ai trouvé un réconfort » : c’est ce que dit Jo-han à propos de Ryu. Et c’est tout l’amour qu’il lui porte qui ressort dans le reste de son texte que je préfère ne pas dévoiler.
Peu importe finalement que l’on parle de bromance ou de BL : la série raconte avant tout la rencontre entre deux âmes blessées, en pleine souffrance : l’une consumée par la culpabilité, l’autre épuisée par le poids même de son existence. Ryu est sauvé par Jo-Han, mais c’est finalement l’un et l’autre qui vont se sauver.
C’est une histoire de soutien.
L’histoire est très bien écrite, avec des textes qui tintent à vos oreilles aussi joliment que le murmure du vent dans un feuillage un jour d’été. La réalisation est sublime, la lumière l’est tout autant et l’OST accompagne le tout avec justesse, quand il faut, ni trop, ni trop peu.
Le casting est parfait. Juste et profondément humain.
Ok Taecyeon m’a profondément réjouie. Lui qui ne m’avait pas toujours emballée auparavant trouve ici un rôle d’une sincérité bouleversante. Son Jo-Han est pudique, humble, profondément humain. Il porte une douleur silencieuse sans jamais tomber dans la démonstration. Et face à lui, Isomura Hayato offre un Ryu plus terrestre, à l’écoute, sensible, presque comme une épaule sur laquelle Jo-Han peut enfin s’appuyer. Leur duo fonctionne parce qu’il repose moins sur une romance idéalisée que sur deux solitudes qui se reconnaissent.
Et c’est probablement là que la série est la plus belle : elle ne cherche jamais à définir lourdement leur relation. Elle la laisse simplement exister. Dans un regard, une présence, un silence, une voix qui apaise enfin le vacarme intérieur de l’autre.
Soul Mate n’adoucit jamais totalement la brutalité du réel. Certaines cassures surgissent sans prévenir, comme dans la vie finalement. Mais ici, il ne s’agit jamais de faire dans le spectaculaire : la série s’intéresse avant tout à ce que ces blessures invisibles laissent derrière elles, dans le cœur de ceux qui continuent d’avancer, ou dans ces liens qui se renforcent jusqu’à former une famille atypique.
Car Soul Mate parle finalement surtout de cela : la manière dont certains êtres donnent un sens à notre existence simplement par leur présence. Jo-Han pense protéger Ryu en s’éloignant de lui, mais il oublie qu’aimer quelqu’un, c’est aussi lui laisser le droit de partager la douleur jusqu’au bout.
La série possède cette résilience si particulière aux mélodrames asiatiques : les personnages ne guérissent pas miraculeusement de leurs blessures, ils apprennent seulement à continuer à vivre avec elles. Et c’est précisément cette douceur fragile face à la brutalité du monde qui rend Soul Mate si touchante et profondément humaine.