Un vrai bonheur, cette série ! Malgré l'aspect communautaire très prononcé (les personnages sont des New-Yorkais juifs et aisés), les doutes, les désillusions et les déboires de ces quarantenaires en crise sont universels et on finit par s'attacher très fort à eux. Et comme c'est raconté et joué avec beaucoup d'humour et de sensibilité, on ne voit pas le temps passer et on quitte Toby et son univers avec un sentiment de nostalgie.
La mise en scène est vive et séduisante, l'utilisation des flashbacks parfaite et la voix off savoureuse.
Mais c'est surtout l'interprétation qui force l'admiration. C'est grâce aux acteurs que la série est à la fois irrésistiblement drôle et touchante, voire bouleversante (voir les deux derniers épisodes).
Jesse Eisenberg est le personnage le plus présent à l'écran, car le Fleishman dont il est question dans le titre original ("Fleishman is in trouble"), c'est lui. Pendant les 6 premiers épisodes, on va suivre ses aventures de mari divorcé. Entre sa découverte et son utilisation frénétique des applications de rencontre, ses enfants que sa femme lui a laissés sur les bras et son espoir d'une promotion à l'hôpital où il est médecin, Toby passe par tous les stades du mari divorcé, tout en trouvant le temps de se lamenter sur son sort et de se remémorer le passé récent et plus ancien. Eisenberg, très à l'aise, est craquantissime et divinement drôle.
Claire Danes est l'ex-femme de Toby Fleishman. Quand la série débute, elle a disparu, laissant ses deux enfants à son ex-mari sans prévenir et sans explication. Présente uniquement dans les flashbacks pendant les six premiers épisodes, elle n'en est pas moins impressionnante, notamment dans le septième épisode éprouvant qui lui est entièrement consacré.
Mais j'ai préféré Lizzy Caplan dans le rôle de Libby, copine sympa et confidente de Toby. La voix off, c'est elle. Mariée et mère de deux enfants, elle vit aussi sa crise de la quarantaine, après avoir relégué ses aspirations d'écrivain pour vivre une vie de famille en province. Elle aussi est plus présente dans les derniers épisodes, notamment dans le huitième très riche en émotions. Elle a une présence incroyable. Elles est lumineuse, touchante et surtout, très drôle.
Caplan et Eisenberg apportent légèreté, fantaisie et humour à la série. Claire Danes a un jeu plus dramatique et démonstratif qui contraste avec la sobriété et l'ironie d'Eisenberg.
Ne vous fiez pas au titre français complètement nul qui ne reflète pas du tout l'esprit de la série. Vous ne verrez pas l'analyse d'un divorce, mais les portraits drôles et justes d'êtres humains plein de défauts et de qualités qui essaient, chacun à leur façon, de remettre leurs vies à l'endroit et de (re)trouver la sérénité.