Je m'attendais pas spécialement à grand chose en lançant Apocalypse Hotel, et pourtant cet animé a été une vraie petite claque esthétique, un bonbon de créativité, de générosité et d'authenticité. Une véritable pépite qui gagnerait à être d'avantage connue. Apocalypse Hotel raconte l'histoire d'un hôtel fonctionnant à l'aide de robots autonomes, dans un monde post-apocalyptique où l'humanité a depuis longtemps quitté la Terre.
Une des grosses qualités que je trouve à cet animé est le fait qu'il arrive à surprendre son spectateur. Avec un synopsis comme celui décrit plus haut, on peut s'attendre à un animé très tranche de vie et épisodique, où on verrait un hôtel qui fonctionne tout seul et où on suivrait un peu les problèmes que peut induire le fait de faire tourner un hôtel vide dans un monde post apo. Mais en fait Apocalypse Hotel n'est pas vraiment ça, ou plutôt, il est plus que juste cette proposition. Déjà, l'animé n'est pas vraiment épisodique, on va suivre l'évolution de l’hôtel, depuis les débuts, où l’hôtel tourne effectivement à vide, jusqu'à la fin où il parvient à recueillir toute une clientèle d'extraterrestre variées. Mais non seulement il y a un scénario, mais en plus la temporalité de ce scénario est elle aussi très intéressante. On est face à un hôtel qui fonctionne avec des robots (et plus tard aidé d'une famille d'extraterrestre tanuki qui vieillissent bien moins vite que les humains), alors il n'est pas illogique que les ellipses temporelles soient de plusieurs dizaines voire centaines d'années. En plus de tout ça, l'animé prend aussi des choix scénaristiques assez audacieux
Notamment l’ellipse du fait que Yachiyo est resté dans l'espace)
Tout cet aspect scénaristique permet de vivre vraiment l'évolution de l’hôtel, qu'on voit passer d'une sorte d'automate géant sans but à un véritable hôtel vivant et accueillant.
Mais la plus grande force de Apocalypse hotel est sans aucun doute le jeu sur les différents tons qu'il arrive à mettre en place, et qui se voient en particulier dans la seconde moitié de l'animé. On peut ainsi passer d'épisodes quasiment tragiques, à des épisodes très contemplatifs, et à des épisodes comiques voire parodiques. Le mieux ? L'animé parvient à sans cesse toucher juste dans tous les tons qu'il souhaite mettre en place, ce qui fait qu'on ne se sent jamais désinvesti quand on passe (par exemple) d'une épisode comique à un épisode plus tragique. Il y a une véritable maîtrise de toutes ces différentes atmosphères, qui ne s'opposent aucunement, mais qui arrivent ensemble à construire quelque chose de très authentique et auquel nous spectateur nous croyons. Cela permet à l'animé d'avoir de véritables moments de poésies et des moments auquel on ne s'attend pourtant pas vraiment.
L'animé n'a pas peur de faire ce dont il a envie de faire, de faire ressentir des choses à son spectateur, qui peut-être sont des chose auquel il s'y attend pas, mais qui sont des scènes traitées avec une telle justesse, qu'on ne peut que finalement être touché. Je pense évidemment à l'épisode du mariage-enterrement, mais aussi à l'avant dernier épisode, très contemplatif. L'animé sait prendre son temps quand il le faut, sait se taire quand il le fait, sait être dynamique quand il le faut (je ne peux pas ne pas mentionner la scène d'action entre Yachiyo tank et le mecha de Ponko), sait être drôle quand il le faut (notamment l'épisode avec le détective extraterrestre), sait être touchant quand il le faut... J'ai vraiment l'impression que cet animé, dès qu'il s'essaie à quelque chose, il le fait bien. Toute cette diversité de tonalités aboutit alors à quelque chose qui est plus que la somme de ses parties, parce que tous les épisodes sont connectés entre eux à la fois par le scénario, par les personnages, mais aussi par l'atmosphère permis par cet hôtel.
Pour moi, ce qui tient ensemble tout cet animé, c’est l’authenticité qu'il arrive à nous faire ressentir. En fait le plus beau dans Apocalypse Hotel c'est qu'on finit par y croire à cet hôtel, on y croit à cette histoire d'un hôtel abandonné au début et qui reprend peu à peu vie au fur et à mesure des épisodes. Cela passe évidemment par le scénario et par l'histoire, mais je pense que l'écriture des personnages y est pour beaucoup. Que ce soit les personnages de la famille Tanuki et même les robots auquel on finit par s'attacher et qui gagnent au fur et à mesure de plus en plus d’humanité (en particulier Yachiyo la robot manageuse). Les robots par exemple ont tous leur petite mimique ou leur petite obsession qui les rends attachants, que ce soit le robot portier et ses considérations quasi métaphysique sur son devoir d'ouvrir les portes, ou l'obsession un peu maladive de Yachiyo pour les bonnets de douches, tout ça rend les personnages plus attachant et (paradoxalement) plus vivant, et participe à rendre la vie de cet hôtel plus organique. Au final le spectateur finit par s'attacher à la fois à cet hôtel et à tous les personnages qui participent à son bon fonctionnement, et cet attachement se fait de façon extrêmement naturel, comme si nous étions en même temps que les personnages témoins de l'évolution de cet hôtel.
Au final, Apocalypse Hotel est un vrai bijoux, et je ne pensais pas autant apprécier mon visionnage en lançant le premier épisode. Même si je trouve que la seconde moitié de l'animé est supérieur à une première moitié peut-être plus brouillonne et moins assumé (mais qui arrive quand même à être très authentique dans les émotions qu'il essaie de faire ressentir), je trouve qu'Apocalypse Hotel est une réussite totale. Rare sont les animés qui arrivent à aussi bien jouer sur différents tons, et à chaque fois réussir à être juste ! Rien que pour ça, je recommande vraiment de donner une chance à Apocalypse Hotel, ça a été pour moi une petite claque, et une très bonne surprise.