Finalement, heureusement que ça ne durait que 4 épisodes, c'était bien assez. Pourtant, cette petite série ne souffre d'aucun défaut rédhibitoire, mais jamais elle ne décolle ni ne parvient à captiver. Les reconstitutions sont soignées, même si on tourne un peu en rond dans les mêmes décors, comme dans un soap. Et il n'est souvent question que d'enjeux sentimentaux. Les carrières professionnelles de Grant et Cannon ne sont qu'effleurées, pour se concentrer sur les traumas d'enfance du pauvre Archie Leach, petit garçon abandonné dont le père était une véritable ordure et la mère une cloche au cœur sec. Evidemment, avec une famille pareille, si on ne prend pas sérieusement les choses en main, on court au désastre. Mais on n'est pas non plus à l'abri du succès, puisqu'on risque fort de devenir un maniaque du contrôle, histoire que tout ne fiche pas le camp une nouvelle fois. Au générique, on découvre que l'un des personnages principaux est aussi la productrice, ce qui rend la narration éminemment suspecte, du coup : Dyan Cannon, ancienne femme de Grant, propose donc sa vision de l'histoire, et se présente en pauvre victime d'un homme de beaucoup son aîné, qui aurait entravé sa carrière par étroitesse de vue et exercé sur elle une influence tyrannique, jusqu'à ce qu'elle s'émancipe de lui grâce à sa force de caractère. Moui, possible. En tout cas, l'histoire est à charge, malgré les éléments biographiques censés expliquer les névroses du pauvre acteur vedette. Il y a fort à parier que les torts aient été davantage partagés, même si Cary a commis l'irréparable : refourguer la petite chienne de sa femme pendant que celle-ci était à la maternité. Comment ce diable d'homme aurait évité de se retrouvé cloué à une chaise de cuisine au Shatterton et constellé de fourchettes plantées dans les parties sensibles de son anatomie, ça dépasse l'entendement, et on comprend bien que l'histoire a été savamment remaniée à des fins promotionnelles. Car, au final, l'acteur y apparaît comme un pauvre type, en dépit des apparences, bon père malgré tout (certainement pour épargner sa fille, plus que par véritable conviction) mais claquemuré dans son labyrinthe mental, sous la férule d'une mère peu aimante dont la vie a été taillée bien court par un père irresponsable et égoïste. On sent bien qu'on tient là une explication un peu facile, et tout cela ne fait pas vraiment un scénario palpitant.