Un canapé, des rires enregistrés, une cuisine ouverte… et pourtant, rarement une série n’aura autant parlé de ce qui fait tenir une famille en ruine.
Sous ses airs de sitcom classique, Au fil des jours (One day at a time) cache un bijou de narration politique et émotionnelle. Ici, on parle de PTSD, de coming out queer, d’immigration, de racisme, de santé mentale et de classe, sans jamais quitter le salon. Et surtout : sans jamais perdre le rire.
Car c’est là la force du show : ne jamais opposer l’humour à la profondeur. Les deux cohabitent, s’enchevêtrent, s’équilibrent. On pleure, on rit, parfois en même temps.
Au cœur de tout ça, une famille cubano-américaine portée par des personnages d’une justesse rare, tous lumineux à leur manière. Et surtout Lydia Riera, la grand-mère.
Jouée par la mythique Rita Moreno, Lydia est un personnage de théâtre, une diva en peignoir, une survivante de l’exil, une gardienne du feu culturel.
Elle danse, elle juge, elle prie, elle brille, mais surtout, elle aime. À sa manière. Et sa manière, c’est l’exagération, l’honneur, la dignité, le chignon toujours impeccable. Mais sous les punchlines et les fanfaronnades, Lydia porte la mémoire douloureuse des déraciné·es, la solitude des mères, la peur des ruptures générationnelles, la foi comme colonne vertébrale. Elle est à la fois un archétype de sitcom et un pilier tragique d’une histoire collective. Et elle est tout simplement inoubliable.
Pourquoi regarder cette série ?
Parce que One Day at a Time prouve qu’une série peut être drôle, engagée, multiculturelle et populaire à la fois.
Parce qu’elle parle à celles et ceux qu’on ne filme pas assez.
Parce que Lydia, c’est ta grand-mère, ton passé et un peu ton avenir aussi.
Et parce qu’on a besoin de récits où la tendresse est une forme de résistance.