Encore une excellente série sur ARTE.
Sans attendre la diffusion complète en soirée, j'ai visionné cette étonnante série en replay. Accroché par un suspense bien dosé, par des personnages ambigus, délétères, ou sympathiques (quoique...), par une intrigue qui mélange habilement la quête d'un père pour sauver ses filles et la gestion post-guerre de Baghdad par les américains et des opportunistes repoussants, il fallait que j'aille au bout...
J'ai bien fait. D'abord pour bien suivre les personnages, les soubresauts du scénario, et cette intrigue à tiroirs assez surprenante. Ensuite, pour mieux comprendre les états d'âme des protagonistes, ou leurs motivations profondes dans un Irak délabré, où tout devient possible, en bien comme en mal.
C'est avec un intérêt certain qu'on suit Mushin (interprété par un étonnant Waleed Zuaiter, au regard douloureux) dans les décombres de cette ville à l'agonie. D'un côté, il lui faudra faire des compromissions pour sauver Mrouj qui a besoin de dialyse, et Sawsan (surprenante Leem Lubany), embarquée par la prof Clara Khoury, au rôle ambigu, dans une mission de collaboration peu évidente.
En face, le britannique Frank Temple (Bertie Carvel, cynique) et l'américain John Parodi (Corey Stoll, parfait) seront tour à tour ses soutiens, ses opposants, selon les attitudes de Mushin qui n'a qu'un objectif : récupérer ses filles et quitter l'Irak, si possible avec les mains pleines.
C'est une bonne série, bien foutue, bien interprétée, captivante, qui nous plonge dans un Irak désintégré, au bord de l'asphyxie, dont les possibilités de retour vers un monde plus calme semblent bien improbables et bien lointaines.
A voir... Certainement.