Une série familiale qui opte logiquement pour une vision plus grand public que le film de Terry Gilliam. Le projet avait de solides arguments pour séduire : un univers riche et propice à l’évasion, des voyages à travers le temps permettant de multiplier les époques et les situations, ainsi qu’un humour décalé qui confère à l’ensemble une véritable truculence. Si le résultat ne tient malheureusement pas toutes ses promesses, la série conserve suffisamment de qualités et de bonnes idées pour se laisser suivre avec un certain plaisir.
Son principal atout réside dans son ambiance légère, fantaisiste et volontairement absurde. Le mélange d’humour loufoque, de ridicule assumé et de situations improbables fonctionne par intermittences, mais il offre régulièrement quelques gags, répliques et trouvailles réellement amusants. Le problème est que cette dérision permanente finit aussi par devenir son principal défaut. À force de tout tourner en ridicule, la série désamorce presque systématiquement les rares enjeux dramatiques qu’elle tente de mettre en place : les quelques moments potentiellement forts sont rapidement balayés par une plaisanterie ou une situation absurde. Qui plus est l’intrigue manque de consistance : dispersée et peu structurée, elle se résume essentiellement à une traque guignolesque, sans aucun suspense ni sentiment de danger. Il devient alors difficile de s’investir pleinement dans une aventure qui semble elle-même ne jamais prendre ses enjeux au sérieux.
Le jeu des acteurs contribue également à cette impression contrastée. L’énergie est bien présente, et certains personnages parviennent à tirer leur épingle du jeu grâce à leur excentricité. Cependant, beaucoup tombent dans un cabotinage excessif, multipliant les grimaces, les effets maniérés et les interprétations volontairement outrancières. Si cette approche peut correspondre au ton absurde de la série et occasionnellement servir certains gags, elle devient parfois fatigante, voire insupportable, d’autant que l’essentiel du spectacle repose sur cette galerie de personnages.
Enfin, l’ensemble souffre d’une impression générale de facticité qui nuit à l’immersion. L’univers possède pourtant un charme certain et quelques idées visuelles intéressantes, mais les décors, les costumes et une partie de la mise en scène paraissent bien trop artificiels. L’aspect volontairement théâtral aurait pu devenir une véritable force, en assumant pleinement son côté fantaisiste et artisanal. Mais au lieu de ça, on est en plein dans le carton-pâte noyé dans un océan numérique qui n’a pas du tout le même cachet.