Banshee trône dans le haut du panthéon des séries d’action que j’ai pu voir.
D’un point de vue général, nul besoin ici d'en faire des caisses et disons le franco, on en prend plein les yeux et on regarde parfois en apnée et de manière incrédule cette sorte de western moderne où tout est presque démesuré, violent, mais terriblement addictif.
Les temps morts ne sont pas légions et les saisons sont un enchaînement d'intrigues qui nous tiennent en haleine. La série aura eu le mérite de s'arrêter à temps, dans un ensemble très cohérent et une fin satisfaisante, non expédiée !
Certes, certaines scènes érotiques sont parfaitement gratuites et inutiles, mais au final, sont parfaitement assumées et collent par conséquent à la tonalité et à l'ambiance générale de la série.
Côté pitch, la recette est efficace, un ancien détenu et cambrioleur hors pair devient par un concours de circonstances, un shérif local charismatique qui va envoyer du lourd. Et c’est bien là que l’idée est géniale, car ce représentant de la loi anticonformiste, n’a que l’uniforme de réglementaire ! Ses méthodes vont s’avérer foncièrement expéditives et sans concession. Face à la lie de Banshee, que cette attitude manichéenne et presque caricaturale est jouissive !
Antony Starr est magistral et incarne un anti-héros à la fois tourmenté et énigmatique, évoluant aisément sur plusieurs palettes d’émotion, et joue un justicier implacable et résolu dans une ville qui fleure bon l’antichambre de l’enfer ! Car c’est à peu près ce à quoi ressemble Banshee au final, une ville dans laquelle cohabitent coexistent des Peaux-rouges amers parqués dans leur réserve, des Amish, des nazis, le cartel, des flingueurs et badass à tout va, en somme, un terrain de jeu idéal pour se foutre joyeusement sur la tronche ! Et par-dessus tout cela, la présence de Kai Proctor, ancien Amish devenu le mafieux incontournable de la ville qui impose désormais sa loi, va empirer une situation qui était déjà au bord de l’implosion… (Mention spéciale à Ulrich Thomsen qui livre une prestation impeccable du parfait « Pourri avec un grand P » !)
Un mot d’ailleurs sur les seconds rôles tous crédibles et prenant de l’épaisseur au fil des saisons, que ce soit les compagnons de route de Lucas Hood, pour ne citer qu’eux : Hoon Lee, mémorable dans le rôle de Job un pirate informatique à la fois extravagant et attachant que l’on retrouve dans Warriors, Frankie Faison dans celui d’un ancien boxeur devenu le propriétaire d'un bar, mais encore Ivana Miličević qui campe l’ancienne amante de Lucas ou encore Geno Segers, un charismatique leader de gang bien imposant. Comment ne pas évoquer non plus la performance remarquable de Matthew Rauch, sans doute le plus flippant de ces seconds rôles qui deviendra incontournable dans les dernière saisons..
La réalisation est résolument soignée et puissante, avec des plans et des scènes de combat d’une rare intensité, véritables chorégraphies qui prennent aux tripes et dont on se remémore les temps forts. L’ambiance sombre et parfois oppressante est parfaitement retranscrite dans cette bourgade de Pennsylvanie et son proche environnement.
En somme, si ce n’est pas déjà fait, foncez visionner cette bombe télévisuelle, Banshee est certes sanglant, sulfureux et percutant mais assurément réjouissant, détonnant et haletant !