(warning ! première review hors jv de ma part depuis des années, et la première d'une longue liste à venir car je ressent le besoin de me diversifier, faites preuve d'indulgence thanks ! ^^)
Dans un monde uniquement faits d'animaux anthropomorphiques où carnivores et herbivores vivent ensemble, le meurtre d'un alpaga dans le lycée/pensionnat de cherryton vient bousculer cette cohabitation déja fragile et tous les soupçons se portent vers Legoshi, jeune loup gris amis du défunt, victime de la discrimination environnante envers son espèce, qui devra apprendre à réfréner ses pulsions bestiales.
Sous son apparat de simple slice of life furry-friendly Beastars est un thriller humaniste qui porte un regard éclairé sur notre société d'homo sapiens par le biais de ses animaux anthropomorphiques sexualisés, avec une rare pertinence.
Le meurtre qui ouvre l'anime secoue radicalement cette vie idyllique où les barrières raciales n'existent plus, revélant ainsi la nature fragile d'une société pluriculturelle sujette à la paranoia et à la peur de la différence.
Les différents protagonistes sont pour la plupart fascinant et remarquablement bien écrit : Legoshi détonne de par sa timidité et sa naiveté aux antipodes de sa nature de carnassier, un électron libre tiraillé par des émotions complexes entre son désir d'insertion dans la société, ses sentiments amoureux sincères pour Haru et son désir charnelle (au sens propre comme figuré) le poussant au bord de la démence dans certaines situations.
Haru quand à elle est bien plus que la "chaude lapine" qu'elle parait être au premier abord, sa propension à s'offrir au premier venu cache en réalité des motivations plus complexes, un protagoniste féminin comme on en voit rarement dans la japanimation.
Louis le cerf, jeune acteur star torturé souhaitant dépasser sa condition est attachant de par sa complémentarité avec legoshi et son origin story.
Pivot narratif de cette premier saison, la relation amoureuse contre-nature entre Legoshi et Haru est très prenante et magnifiquement mise en scène, la jeune lapine venant éprouver les sens de notre héros déja bien mis à l'épreuve, une quête de la chair où s'entremêlent instincts primitif et désir sexuelles.
Pour ce qui est de la forme, les différents plan s'enchainent avec fluidité et l'animation en Full 3D CGI qui peut rendre méfiant à juste titre tant le rendu de celle-ci s'est avéré parfois disgracieux (remember les différentes adaptations de berserk, kingdom, swordgai animation, ultraman ou ajin pour citer des exemples évidents), s'avère réussite au final en arrivant à s'insérer efficacement tout en ne dénaturant pas les dessins, je n'ai pas eu cet effet d'uncanney valley présent dans les 3/4 des anime réalisés de cette manière, la palette de couleurs s'avère elle aussi suffisamment varié pour donner un vrai cachet à cet univers.
Mention spéciale à ce prodigieux OP en stop motion dynamisé par l'entrainante "Wild Side" du groupe jazzy ALI que je n'ai jamais zappé !
Assurément un anime incontournable de cette année 2020, à conseiller aux spectateurs curieux d'oeuvres singulières et mature, qu'ils soient furries ou non
Ma note est de 8,5/10
Ce que j'ai aimé
- Des protagonistes admirablement bien écrits et à la psyché travaillée
- La dimension humaniste de l'oeuvre
- De bonnes idées de mise en scène (nottament pour les moments de démences)
- Une animation full 3D qui arrive à se faire oublier
- Le couple Legoshi/haru, une romance contre-nature où la tension sexuelle est palpable.
- Un OP mémorable
Ce que je n'ai pas aimé
- Le concept de "Beastars" (qui donne pourtant son nom à l'anime et au manga) est un peu survolé pour cette première saison
- L'intrigue autour du gang shishigumi, trop simpliste
- Gohin est sous exploitée
- Une patte visuelle assez différente du manga qui pourrait diviser les afficianados de ce dernier