Je viens de finir de regarder la série Beastars sur Netflix, et en tant que féministe, j’ai détesté comment les personnages féminins étaient utilisés, surtout celui de Haru.

Haru, dès le début, est présenté comme la gentille petite proie blanche, délicate, douce, qui donne de l’attention à des mâles bien plus imposants qu’elle, voire même des carnivores, leur livrant son minuscule corps, en sachant qu’elle est dans une position de vulnérabilité extrême, que c’est elle la faible dans le cas.

Je sais que ce cas n’est pas singulier par rapport aux animés qui très généralement infantilisent les femmes, tout en les sexualisant. Beastars n’en fait pas exception. ET disclaimer, je ne sais pas si l’étrangeté de cette relation (qui m’a dérangé dès le début) est fait exprès par les auteurs afin de montrer en miroir un rapport de domination herbivore/carnivore vs enfant innocent/adulte prédateur.

Dans cette société, Haru est faible. Pourquoi ? C’est une lapine (soit dit en passant un animal beaucoup sexualisé, avec Playboy, des costumes de lapin en latex, …), herbivore et très petite. Elle a tout d’un enfant : son costume d’écolière, son visage très simple, et bien sûr, le caractère typique d’une femme dans les animés : s’énerve vite, a un récit construit autour des hommes. Personne ne pourra dire qu’elle a l’air d’une adulte mature. Pourtant, elle est sexualisée, avec une poitrine importante par rapport au ratio de son corps, et une vie sexuelle active, comme dit précedemment, avec des hommes beaucoup plus imposants qu’elle.

Puis il y a tout le love interest avec Legoshi, extrêmement dérangeant. Je le dit cash, Legoshi est l’incarnation même du pédophile. C’est un loup, un grand carnivore sombre, cassant avec le blanc très souvent associé à la pureté, la virginité. C’est lui qui se met dans des bagarres, qui a le rôle du protecteur, et surtout, qui n’a aucune capacité de communication. Bref, il tombe sous le charme de Haru. Il dira aimer sa fragilité, sa taille, qu’elle ait besoin d’être protégée. Il s’agenouille pour lui parler comme on s’agenouillerait pour parler à un enfant. Et devinez où est ce qu’elle lui arrive quand ils sont tous les deux debout? bref.

Ici, pour moi il n’y a pas photo. Legoshi est définitivement la représentation d’un prédateur, dans tous les sens du terme. Il est un carnivore et doit alors résister à ses “pulsions”, ses “instincts”, de manger l’herbivore. Il craint d’ailleurs plus que tout de se réveiller et de découvrir qu’il a mangé Haru, ce qui ne l’empêche pas pourtant de continuer à la mettre en danger en permanence. Haru sait, elle, qu’elle peut mourir du jour au lendemain, dévorée, comme chaque femme sur cette terre sait le potentiel risque qu’elle a de subir des violences sexistes et sexuelles à chaque fois qu’elle sort dans la rue. C’est d’ailleurs pour cette raison que je pense que les auteurs ont déjà fait le parallèle.

Cependant, si cette relation aurait pu être une critique des relations pédophiles idéalisées, phénomène qui grandit avec l’accroissement de la dark romance, au final, elle se finit en idylle. Les deux amoureux vivent leur amour, lui le prédateur qui fait 4 fois la taille de sa minuscule amoureuse. Je ne trouve pas du tout que c’est un message d’espoir.

Une relation que je trouve bien plus intéressante et qui interroge l’amour inter-espèces est celle de Louis et Juno, bien que cette dernière soit encore une fois débilisée, ne sachant parler que de garçons et de se lamenter, rendant l’homme mature, responsable, sauveur (spoiler on sait que c’est les femmes qui sont le plus matures à cet âge là :)).

Tout ça pour dire que bien que ce soit censée être une histoire d’amour adolescente, je pense qu’on peut se rendre à l’évidence que la relation Legoshi x Haru révèle de la pédophilie, et que normaliser ces représentations de l’homme/mâle et de la femme/femelle est très problématique. Construisons des personnages féminins forts, détruisons la pédophilie incarnée dans les relations hétérosexuelles.

Merci d’avoir tout lu !


pouceline
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le 11 mars 2026

Critique lue 73 fois

pouceline

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