Le charadesign est globalement toujours cool bien que parfois un poil stéréotypé. Le "méchant principal" est approfondi. Legoshi et Haru un tout petit peu aussi. Louis aussi. On "comprend" la place du titre "beastars" même si je reste personellement sur ma faim.
La bande son et l'aspect graphique ne perd pas en charme.
Si vous vous attendez à une accentuation de la tension dramatique, le bouquet final du feu d'artifice, vous serrez possiblement déçu. Je dirais que la série reste égale à elle-même, assez "légère" (si on exclus les thèmes traités).
Nous sommes habitués avec les séries actuelles à avoir "toutes les réponses à la fin", les révélations... mais dans cette série, on garde un rythme léger, poétique (même si le sang n'est pas caché), entrecoupé des "combats" symboliques.
Des intrigues sont développés et donnent l'impression d'être centrales et son conclues à la fin de manière desuets, comme s'ils avaient été oubliés et qu'ils se sont dit "oh merde, on n'a pas conclus ce truc", et ils décident de donner un fin mot à ces intrigues secondaires... durant le générique de fin... et sans qu'on puisse en comprendre le ressort psychologique ou la morale (à la première lecture tout du moins: je suis un spectateur qui ne se prend pas la tête / pas très intelligent dans les déductions et en tant que tel, je suis resté assez déconcerté. à voir pour les gens plus instruits).
Si vous comprenez que cette série ne se prend pas au serieux et se concentre plus sur la question de la cohabitation carnivore / herbivore plutôt que sur son charadesign ou son scénario, je pense que vous pourrez apprécier. ça reste toujours agréable à regarder même si on sent que c'est rushé. Le grand méchant nous offre un final de son arc assez étrange et "irrationnel" à première vue, poétique... et qui fera possiblement jaser, en bien ou en mal.
Je pense par ailleurs que ladite question globale levée par la série est une sorte de métaphore géante pour parler de la gestion des pulsions inhérantes (à l'homme ?), à la place du pardon (la justice publique si elle doit être punitive ou réhabilitative), à la place des gens "foncièrement mauvais", les gens "qui ne peuvent être soignés / réhabilités (l'absence d'empathie complète de certaines personnes et leur place dans la société, certains diront les sociopathe / psychopathe dangereux (ils ne le sont pas forcément tous), d'autres diront le trouble de personnalité anti social dangereux (idem), c'est selon)... on découle sur la notion de présomption de culpabilité VS la présomption d'innocence et il est trèèèès probable que tout ça ne fasse pas consensus: la conclusion est mi figue mi raisin, nuancée et on il est probable de ressentir un point de vue, et donc, qu'il ne soit pas souvent partagé.
Le tout est servit par des personnages interprétables as fuck de x manières dans leur identité par le tout venant (troubles du comportement, trouble du neurodéveloppement) et ça forme un bouquet assez complexe et fleurit, interprétable de x manière.
Disons que l'effet pokémon (le côté immoral de la série ou on enferme des bestiole dans des boules) ressort bien plus ici si on s'attarde: relation inter-race... puis inter-espece... puis inter RéGiMe-AlImEnTaIrE (dit comme ça c'est étrange mais vous comprendrez)... on a des moments ou on a l'impression que le message est "il y a des limites" et d'autres ou le message est "c'est possible à condition que (...)"
Bref, on en ressort avec des questions, des nuances à étudier, on fini pensif mais pas forcément époustouflé par un bouquet final en terme de scénario. "Ai-je bien compris ?" "Quel est le sens de tout ça ? Que dois-je comprendre ?"