Très longtemps après mon visionnage de Breaking Bad durant mon adolescence, j'ai enfin terminé son spin-off récemment. Depuis quelques jours, j'ai eu suffisamment de temps pour digérer la riche œuvre qu'est Better Call Saul.
Better Call Saul est l'anti-Breaking Bad par excellence. La question méritait de se poser : y avait-il réellement matière à construire une série autour d'un personnage dont le temps d'écran est si minime dans la série originale ? La réponse est oui. Complètement oui.
La série commence bien loin du bling-bling avec un personnage qui se nomme Jimmy et qui, globalement, est un véritable galérien. Avocat assoiffé de justice, sans argent, sans réseau, il en est au point où son appartement se résume à une pièce située à l'arrière d'un salon. Jimmy est un personnage complexe, dont la droiture se confronte en permanence à son désir de réussite financière.
Je disais précédemment que, pour moi, Better Call Saul est l'anti-Breaking Bad. Je m'explique. Breaking Bad est une série qui va à 10 000 à l'heure : il s'y passe toujours un événement, elle introduit constamment de nouveaux personnages, certes souvent bien écrits, mais elle gravite avant tout autour de ses deux protagonistes. Vince Gilligan met l'accent sur les événements de son récit et maintient un rythme soutenu du début à la fin. La série monte crescendo, et ses deux dernières saisons sont absolument titanesques tant tout y est maîtrisé à la perfection.
À l'inverse, Better Call Saul prend beaucoup plus son temps. Elle se concentre davantage sur les relations entre ses personnages et sur leur écriture magistrale. Là où Breaking Bad était un thriller dramatique, son spin-off paraît bien plus comique. Et pourtant... Better Call Saul est une réussite totale, peut-être même plus agréable à suivre que son prédécesseur. Malgré son rythme plus lent, la série propose une écriture stupéfiante ainsi qu'une mise en scène bien plus aboutie. Elle jongle parfaitement entre son scénario et sa réalisation. C'est une œuvre riche en propositions, riche en idées, riche en thématiques et, surtout, riche en qualités.
Au final, je sais qu'à une époque, le débat a enflammé la toile, mais il ne sert à rien de comparer ces deux œuvres tant elles s'autoréférencent et se complètent. Malgré tout, j'ai une légère préférence pour celle-ci. Je trouve que Gilligan parvient à gommer les quelques défauts de Breaking Bad pour proposer une série beaucoup plus intimiste et audacieuse. C'est une réussite totale et l'une des meilleures séries de ces dernières années.