Un ami m'a conseillé de ne pas regarder cette série. Il s'est arrêté au premier épisode parce qu'il trouvait ça trop lent.
Je le considère toujours comme un ami, bien sûr. Mais lorsqu'il me parle de cinéma ou de séries, je n'entends plus qu'un lointain bruit blanc.
Sinon, c'est vraiment bien. Ça prend son temps, mais chaque scène finit par servir à quelque chose, les personnages sont remarquablement écrits, et la tension monte sans jamais avoir besoin d'en faire des caisses. Et en plus, il y a des cactus de temps en temps parce que c'est Albuquerque.
C'est probablement l'une des rares séries qui réussit à être un poil meilleure que celle dont elle est issue. Là où Breaking Bad te prend à la gorge, Better Call Saul te laisse suffisamment de temps pour t'attacher à des personnages qui savent très bien qu'ils prennent les mauvaises décisions, mais y vont quand même. Bob Odenkirk est exceptionnel, Rhea Seehorn mérite tous les éloges qu'elle a reçus, et la mise en scène est d'une précision presque insolente. C'est le genre de série qui te fait comprendre, une fois terminée, que le rythme lent n'était pas un défaut : c'était exactement ce qu'il fallait.