Black Sails
6.8
Black Sails

Série Starz (2014)

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Black Sails : L’âge d’or de la piraterie à droit à son excellente série

Black Sails est une série que j’ai déjà vu il y’a de de ça 10 ans. Seulement voilà, je suis un très grand amateur de séries mais aussi de jeux vidéo et quand j’ai lancé Assassin’s Creed Black Flag Resynced, ah vas-y que j’avais envie de rester dans cet univers pirate des caraïbes. Pirates des caraïbes d’ailleurs c’est bien marrant mais quand t’a vu les 3 premiers films au moins 10 fois et que les deux derniers sont aux mieux regardables tu sais plus trop vers quoi te tourner ! Et pourtant il y’a une solution ! Et cette solution s’appelle Black Sails ! J’ai été très heureux de retourner dans cette série que j’avais à l’époque apprécié.

À mon grand désarroi, je trouve que Black Sails est une série extrêmement sous-cotée. Alors OK, elle date un peu aujourd’hui (bien que visuellement elle n’ait pas pris une seule ride), mais dans mes souvenirs, même à sa sortie, elle n’était pas hyper populaire. Il faut dire qu’à l’époque, Game of Thrones avalait toute la concurrence ! La série s’en inspire d'ailleurs beaucoup et ne s’en cache pas. Bref, c’est une œuvre qui avait un scope gigantesque, mais qui a manqué de la notoriété qu'elle méritait.


L’univers de la piraterie par excellence, fictive comme réelle

Black Sails est une œuvre hybride qui fait un pari audacieux : mélanger les écrits du vénérable Robert Louis Stevenson avec la véritable Histoire de l’âge d’or de la piraterie. Car oui, Black Sails est une préquelle à L’Île au trésor. On y croise donc des personnages de fiction comme le capitaine Flint et Long John Silver, mêlés à de vraies figures historiques : Charles Vane, Benjamin Hornigold, Barbe Noire, Anne Bonny, etc.

La série est ultra-immersive. On est totalement projeté dans cet univers, autant par la qualité des décors que par la fidélité de sa reconstitution : la politique à bord, le système démocratique sur les embarcations, le jargon maritime, les différents postes... Il y a quand même un épisode entier où l’équipage s’occupe de refaire le carénage de la coque ! Je ne sais pas si on se rend compte du niveau de réalisme proposé. Vous imaginez Jack Sparrow dire : « Ouais, faut qu’on refasse le carénage du navire, M. Gibbs » ?

Gros point fort aussi pour les décors de la ville de Nassau, d'une crédibilité folle (qui ont d'ailleurs été réutilisés par la suite pour d'autres productions comme Outlander, mais aussi pour l’adaptation en live-action du truc dont raffolent les jeunes là, avec le gars au chapeau de paille).

J’ai vraiment apprécié le pragmatisme avec lequel est abordé cet univers. Tout est crédible, plausible, au point qu'on a l’impression qu’un caméraman a voyagé dans le temps pour filmer ces pirates évoluer sur l’océan. Le quotidien est violent et sale. Les abordages sont bruts, meurtriers, et il est carrément possible de faire un parallèle avec la guerre de tranchées. On finit par comprendre comment fonctionne un navire pirate et à assimiler des tactiques quasi militaires pour aborder un bâtiment (tir à démâter, usage des grappins, etc.). Il y’a même un moment ou l’on apprend le meilleur moment pour hisser le drapeau noir.

Et au-delà des navires, cette crédibilité s'étend à l'île elle-même. La série prend le temps de montrer le fonctionnement économique de Nassau : même si Eleanor ne monte jamais sur un bateau, elle s'occupe de gérer (du mieux qu'elle peut) ce port où criminels et nobles destitués tentent de gagner leur pain.

Bref, la série prend place dans un univers parfaitement calibré, solide et ultra-engageant.


Une série adulte mais qui colle avec le propos

« Game of Thrones des mers » est une formule qui définit plutôt bien la série, surtout dans ses deux premières saisons, avant qu'elle ne prenne définitivement son propre envol. En me baladant sur le net, je me suis rendu compte qu'une des critiques récurrentes faites à la série était de recopier le modèle Game of Thrones et sa fameuse recette : complots politiques, violence brute et sexe.

Du coup, Black Sails coche effectivement toutes ces cases... mais c'est totalement raccord avec le propos ! Dans l’univers de la piraterie, la violence des combats navals est le gagne-pain quotidien. Les intrigues politiques et les trahisons font partie intégrante de la gestion d'une île ou de la prévention d'une mutinerie à bord. Et quant au sexe, disons que lorsque vous passez des semaines en mer avec la mort qui vous pend au nez à chaque instant, il est logique que la recherche de plaisir soit intense une fois à terre. Si le but de la série est d’offrir une vision réaliste et sans fard de la piraterie, alors ainsi soit-il. (Après oui, beaucoup de personnages féminins ont des décolletés qui leur remontent jusqu’au menton, mais cela appuie encore le folklore très île/pirates... même si non, parfois, c’est vraiment abusé !)

Au-delà de ce cadre adulte assumé, les dialogues et l'écriture des intrigues sont extrêmement bien ficelés. Les enjeux ne sont jamais simplistes : ce n'est pas juste une histoire de coffre aux pièces d'or, mais une vraie guerre géopolitique entre la liberté anarchique de Nassau et la poigne écrasante de l'Empire britannique. La série ne se regarde absolument pas en fond sonore : elle exige une vraie attention pour saisir tous les tenants et aboutissants des alliances qui se font et se défont en permanence.


Flint et Silver, un des meilleurs duos du petit écran

Au-delà du fait que j’ai aimé cette série pour son univers rafraîchissant et coloré, où la vision de bateaux de guerre flottant sur l’eau turquoise m’attirait, je dois aussi dire que Black Sails m’a fait rester pour ses personnages. En vérité, ce sont deux figures précises qui forment, à mon humble avis, l'un des meilleurs duos jamais vus dans une série.

Le Capitaine Flint, incarné par l’incroyable Toby Stephens, est un personnage autant terrifiant qu’impressionnant. Il fait parfois des choses qu’on n’aurait jamais imaginées et qui arrivent au moment où on s’y attend le moins. (Petit spoil hors contexte, mais il y a une scène où le Capitaine Flint exécute quelqu’un alors qu’il déconnait avec lui la veille c’était un personnage avec qui il s’entendait plutôt bien en plus. J’avoue que la première fois, j’ai été pris de cours et cela m’a beaucoup surpris). Flint est quelqu’un de très charismatique, calculateur, mais aussi un menteur d’exception (attention, pas un mythomane : il sait très bien ce qu’il fait). Il n’hésitera pas à sacrifier n’importe qui pour parvenir à ses fins. C’est un personnage qui crève l’écran. Toby Stephens livre par moments des tirades d’une puissance rare : j'ai rarement entendu des dialogues de ce calibre. Il a toujours plusieurs coups d’avance, même quand il est comme qui dirait en « disgrâce ».

John Silver n’est en soi pas très différent de Flint. John est ce qu’on pourrait qualifier de « beau parleur », et quelqu’un de nettement plus intelligent que la moyenne de l’équipage sur le navire. Il utilise des méthodes différentes pour tisser sa toile dans le monde des pirates : c’est quelqu’un de très malin et de très rusé. Il faut vraiment imaginer le personnage avec 18 en Charisme dans un JDR ! J’ai aussi adoré le fait que John Silver ne soit littéralement personne au départ de la série, et qu’il va monter l’échelle sociale et « politique » petit à petit, à force de ruse et de malice.

En fait, ce qui crée l’alchimie entre Flint et Silver, c’est que les deux personnages se renvoient constamment la balle en termes d’ingéniosité. Au fil des saisons, j’ai même eu l’impression de discerner un côté presque... fraternel entre eux. C’est clairement Flint qui a participé à bâtir la légende de Long John Silver.


J’ai été tellement heureux de replonger dans cette série. Elle m’a rappelé à quel point les plus grands chefs-d'œuvre de la télévision sont parfois ceux qui sont derrière nous, ceux qu’on a manqués à leur sortie, ou qu’on a visionnés à l'époque avec des yeux moins aiguisés. J’ai beau chercher, je ne trouve pas vraiment de fausse note à ce show : rien ne m’a sorti de mon immersion. Les enjeux restent captivants de bout en bout, et cette dynamique à la Game of Thrones, qui navigue d'un personnage à un autre et entremêle les intrigues, fonctionne à la perfection. Tout y est équilibré avec une précision d'orfevrier : les joutes verbales, la brutalité des affrontements, les trahisons sanglantes... Le tout sublimé par des décors parfois naturels à couper le souffle.

Je cherche encore où j'aurais pu placer un mot sur le travail monumental réalisé sur la bande-son ! Derrière ces compositions se trouve un certain Bear McCreary (qui a officié depuis sur God of War, Les Anneaux de Pouvoir ou Fondation). S'il y a bien une chose qui m'a marqué au fer rouge dans cette série, c'est son générique. La direction artistique, avec ce parti pris visuel de statues d'ivoire et de marbre noir entrelacées, est déjà d'une élégance rare, mais la musique... est tout simplement parfaite. Portée par le son lancinant de la vielle à roue, elle capture l'essence même de la piraterie : c'est épique, viscéral, tragique. Ce générique trône sans problème parmi mes préférés de tous les temps.

Pour terminer, Black Sails n'est pas simplement une bonne série : c'est une œuvre grandiose et audacieuse. Elle possède cette étincelle rare qui l'empêche de sombrer dans l'oubli ou de finir noyée dans le catalogue infini des plateformes de streaming. Elle a une âme, un souffle et une proposition artistique totale. Une véritable ode à la liberté et aux mythes qui traversent les âges. Si Robert Louis Stevenson était encore de ce monde, je suis sûr que devant, il kifferait bien !


Jyjy-La-Sauce
8
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il y a 14 heures

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Jyjy-La-Sauce

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