Blossom Through The Cloud suit Ruan Si Xian, hôtesse de l’air chez Hengshi Airlines, qui rêve de devenir pilote. Quand le nouveau vice-président, Fu Ming Yu, supprime le programme de formation qu’elle attendait, elle claque la porte et part se former à ses propres frais. Trois ans plus tard, elle revient, major de sa promotion, dans la compagnie de celui qu’elle déteste.

Le premier atout de la série, c’est sa crédibilité. La production a mis les moyens, et ça se voit. Un simulateur de vol a été reconstitué en studio. De fait, les scènes de vol sont soignées et réalistes : on sent la réflexion, la seconde de calcul et les gestes décidés lors des situations d’urgence. J’ai beaucoup pensé au film de Clint Eastwood « Sully ». La vie des équipages est également mise en avant. Les procédures et la mise à pied du pilote après une opération d’urgence nous sont bien montrées. De même, l’équipage de cabine n’est pas réduit au service des plateaux-repas, et les scènes décrivent parfaitement bien les passagers malveillants, la pression que subissent les hôtesses mais également leur rôle dans la sécurité et les secours à bord. Un vrai travail a été fait pour ne pas simplement « faire semblant ». C’est d’ailleurs aussi le cas de Liu Xiening, qui a suivi des cours de pilotage avant le tournage, salués par le conseiller aéronautique de la série, lui-même ancien steward devenu commandant de bord.

Le second atout, ce sont ses portraits de femmes. Si Xian est pétillante, franche et sait ce qu’elle ne veut pas. Xiao Zhen, la naïve, aime sans calcul. You An, la photographe, veut être aimée pour ce qu’elle est. Bian Xuan, la patronne de bar, est lucide sur les hommes. Enfin, Jiang Ziyue, la cheffe de cabine, est touchante, elle qui s’excuse presque d’avoir des attentes pourtant légitimes.

Toutes finissent par refuser les faux-semblants et les diktats pour choisir d’être aimées telles qu’elles sont. Sous ses airs de romance légère, la série parle de confiance en soi, de confiance en l’autre, et de ce qu’on risque à passer à côté de quelque chose de précieux par méfiance ou par trop de réflexion. On nous parle de choix entre carrière et vie personnelle. La mentor de Si Xian en est un bel exemple : comment concilier les exigences du métier de pilote, et son besoin de repos, avec la vie d’une mère ?

Le couple principal fonctionne bien. Wei Zhe Ming est un acteur que j'aime énormément. Il sait donner à ses personnages cette retenue nécessaire, tout en jouant savamment de ses regards, froids et austères ou au contraire sensuels et tendres, de ses petits sourires en coin et de sa voix douce, sans oublier cette fermeté et ce cynisme qu'il maîtrise parfaitement. Liu Xiening, naturelle et belle sans exagération, lui tient tête avec énergie.

Le reste de la distribution n’est pas en reste, et la bande originale est sympathique. De quoi rendre le voyage encore plus agréable !


Si, les sentiments sont là, la séduction semble être oubliée en route. C’est dommage, car nous avons trois couples et trois femmes modernes qui affichent leurs choix, mais le jeu amoureux est bien trop discret. J'aurais aimé davantage de regards, de gestes, de sous-entendus et de silences, cette attirance qui s'installe progressivement avant que les sentiments ne soient avoués. Pour Si Xian et Ming Yu, leurs savoureuses joutes verbales auraient mérité de durer davantage avant la bascule amoureuse. Et une fois le couple formé, les scènes de baisers restent désespérément sages. Je n'attendais pas des ébats passionnés, mais tout de même un peu plus d'intensité ! Sans parler d'un quatrième couple, dont je ne dirai rien pour éviter de spoiler, mais dont le sort m'a attristée tant il est rapidement expédié. 

J'aurais d'ailleurs aimé que l'on s'attarde davantage sur les parcours et les difficultés de ces femmes, plutôt que de concentrer une si grande partie du récit sur le couple principal.

Enfin, si j'ai aimé voir une série s'attarder autant sur ses personnages féminins, j'ai regretté que les hommes soient quelque peu négligés. Leurs portraits manquent de profondeur. À une exception près, ils sont presque trop parfaits : patients, doux, respectueux, compréhensifs, sans véritables failles. Difficile de leur reprocher leurs qualités ! Mais j'aurais aimé qu'ils existent davantage pour eux-mêmes et pas seulement à travers les femmes qu'ils aiment. Une romance fonctionne aussi grâce à l'équilibre de ses personnages.

Pour finir, la série ne fait « que » 24 épisodes mais il aurait mieux valu resserrer les 4 derniers car j’ai trouvé que ça s’étirait un peu trop.

Une série mignonne, crédible et bien interprétée, qui fait du bien, mais qui, après un décollage prometteur, finit par voler un peu trop longtemps en pilotage automatique. Restent de beaux portraits de femmes modernes et de jolies scènes en vol ou en simulateur.

AliceJeanne
7
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le 11 oct. 2026

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