5
le 9 nov. 2023
SuivreÉgo trip gore
Les visuels sont incroyables mais l'écriture pas du tout. J'avais l'impression de regarder quelqu'un jouer à un jeu vidéo à tendance gore, où le récit est secondaire au sang versé.Âmes sensibles...
Voir la série
Qu'il était intriguant cet extrait découvert par hasard sur YouTube : un vilain irlandais retirant des pièces dissimulées dans des fournitures du quotidien pour les assembler en un mousquet, le tout en contant comment une terrible famine l'avait poussé au cannibalisme, forgeant l'impeccable méchant de Blue Eye Samurai. Oui c'était amplement suffisant pour me laisser tenter par un visionnage complet de cette série, passée complétement sous mon radar en 2023. A l'approche de la sortie de la saison 2, je suis bien heureux d'avoir rattrapé le bousin... mais j'ai quelques GROSSES réserves.
Rendons direct à César ce qui est à César : l'évidence même avec cette série c'est que ça déboîte visuellement. La 3D couverte de textures dessinées est certes surfaite de nos jours, mais Blue Eye Samurai parvient malgré tout à tirer son épingle du jeu en imposant son propre style. Les plans prennent régulièrement la forme de tableaux illustrant le Japon de l'ère Edo tandis que les personnages se rapprochent par moment des Ukiyo-e, ces illustrations typiques de l'époque. Il y a ici un vraie cohérence entre le style et le récit qui se déroule devant nos yeux. Et que dire des scènes de baston qui sont une réussite absolue tant les animateurs et chorégraphes parviennent à constamment réinventer l'art de tuer du samouraï. A chaque combat une nouvelle idée, ça déboite. Mais ça déboite presque trop.
C'est bien là où réside mon gros problème avec la série : c'est juste too much. De la violence pendant les combats, bien-sûr ! Mais en foutre à outrance au point où ça devient aussi ridicule que gratuit, non merci. Qu'on se comprenne : le gore ne me fait rien, mais en mettre à ce point donne un côté "malaisant" aux épisodes. Et quitte à parler de malaise, autant aussi aborder le cul, bien trop omniprésent. Nous illustrer 2-3 parties génitales et quelques copulations joliment représentées, je dis pas non. En revanche, repousser non-stop les effets sexuels simplement pour choquer, là ça va juste pas du tout. On a compris que c'est une série pour adultes, ok ? Pas besoin de nous faire comprendre que le méchant se fait ramoner le fiac par une prostituée portant un masque kabuki. C'est pas déconcertant : c'est juste obscène.
Le choc général que tente de transmettre Blue Eye Samurai n'est pas non plus aidé par ses personnages qui, en dehors de l'antagoniste volontairement haïssable, sont presque tous détestables. Je sais pas quel message Michael Green et sa compagne ont essayé de transmettre avec leur série, mais si c'était pour nous faire comprendre que les Japonais de l'ère Edo étaient tous des trous de balles, c'est franchement réussi. Bon je suis un peu de mauvaise foi puisque le moto de la plupart des épisodes est assez clair : chacun pour sa gueule, et tant pis pour l'honneur. En ce sens, le personnage principal résume bien la chose et s'avère plutôt mémorable dans ses motivations. Mizu, la fille bâtarde interraciale, à la vie constamment ruinée par son mystérieux géniteur, est par moment une protagoniste vraiment touchante, allant jusqu'à me fendre le coeur dans l'épisode 4 tant le destin ne lui fait pas de cadeaux. Après, faut dire qu'elle n'en fait pas non plus aux vilains que la samouraï aux yeux bleus parvient à vaincre un peu trop facilement. La série s'obstine à nous montrer Mizu prendre des raclées, mais la remet sur pieds 10 minutes plus tard pour vaincre des dizaines de guerriers, alors qu'on parle quand même d'un projet relativement "réaliste". On veut nous faire croire à une sorte de démon à lunettes, moi je vois plutôt une Mary Sue japonaise. La suspension consentie d'incrédulité a encore moins bien résisté que les armures de samouraïs, ça je vous le dis !
Pas de quoi me décourager d'attaquer la saison 2 au moment de sa sortie, même si j'ose espérer une suite qui retire légèrement son pied de la pédale de la violence et du "choc pour du choc".
Créée
le 2 févr. 2026
Critique lue 19 fois
5
le 9 nov. 2023
SuivreLes visuels sont incroyables mais l'écriture pas du tout. J'avais l'impression de regarder quelqu'un jouer à un jeu vidéo à tendance gore, où le récit est secondaire au sang versé.Âmes sensibles...
9
le 12 nov. 2023
SuivreDécidément les studios d'animation français ont le vent en poupe. Après Arkane, ce Bleu Eye Samurai est une nouvelle réussite de série animée Netflix. Réussite d'abord de part les visuels, puisque...
4
le 9 déc. 2023
SuivreOlala, honnêtement, je ne comprends pas pourquoi il y a tant de bonnes notes attribuées à cette série... Je lis les commentaires à gauche, à droite, et je retrouve toujours les mêmes points,...
4
le 14 sept. 2024
SuivreEnchaîner les 2 versions de Speak No Evil à une semaine d'écart, le moins qu'on puisse dire, c'est une expérience. L'originel, le Danois, est une oeuvre glauque, brutale, nihiliste, ultra efficace...
7
le 14 déc. 2024
SuivreSans plaisanterie aucune... je l'avoue : Kraven The Hunter était peut-être le film que j'attendais le plus de toute l'année 2024. "Mais qu'est-ce à dire que ceci ?!" vous demandez-vous probablement...
3
le 9 févr. 2022
SuivreLa trilogie originale Star Wars n'a jamais vraiment été clémente avec le fameux Boba Fett, ce pauvre bougre n'ayant probablement pas plus de 15 minutes de temps d'écran. Et du peu qu'il était là, le...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème