Attaquant cette série hors a priori (même si le combo homosexualité + virilité toxique + netflix avait tout pour me faire fuir, redoutant le parti-pris à charge), j'ai néanmoins été agréablement surpris du traitement auquel je m'attendais, car loin de verser dans le militantisme cher au fameux N rouge, Boots suit avant tout le parcours d'hommes, des épreuves qu'ils subissent, de leur parcours, de la solidarité mais aussi de la construction, de la recherche d'un idéal sinon d'un but, sur un ton à la fois mordant, cynique et tragique.
Certes, la série parle avant tout d'homophobie, dans un contexte certes discutable, mais néanmoins sur un ton juste, mais surtout de fraternité et des liens qui lient ces individus, du renoncement de soi pour s'en crée ou faire naitre un nouveau. Les acteurs sont bons, le ton est juste, et sans être la série du siècle, elle est bonne, touchante, aussi drôle que poignante même si elle ne parvient pas à éviter certaines caricatures, mais sans pour autant s'y galvauder. Et encore plus émanant d'une plateforme qu'une netflix qui dans ce genre de sujets aime passer par la porte au bélier d'assaut plutôt que par la sonette.
Une bonne surprise que Boots, qui parvient à condenser ce mélange doux-amer de la vie militaire, et qui prend le temps de dresser plusieurs portraits de jeunes hommes en proie à leurs propres démons et terreurs et de s'y attarder, dressant un vaste diaporama de ce milieu aux allures brutales mais qui dissimule des valeurs plus intrinsèquements humaines. Et à travers eux, juste la vie, celle en dedans, et celle qui continue en dehors... en les attendant.