La série commence un peu à la manière du Kubrick dont il s'inspire.

Peinture de l’enfer des bootcamps.

Diarrhée de violences racistes, grossophobes, homophobes.

Image omniprésente d’une masculinité toxique où trône le culte de la compétition.

Lavage de cerveau des recrues.

Sans surprise, la série ne plait pas au Pentagone. Je me dis que c’est une bonne raison de la regarder.


Après visionnage, je comprends pourquoi il n’y aura pas de prochaine saison.


La série a le cul entre deux chaises. Plutôt que d’assumer sa critique de l’armée, elle joue sur les deux tableaux : après nous avoir exposé l’horreur des bootcamps, elle fait machine arrière. On y apprendrait en fait à devenir un homme, un vrai. L'école de la vie, tout ça. On y trouve une famille, des frères. Et ils ne sont pas si méchants ces instructeurs, l'un offre des bouteilles d'alcool à l'escouade et l'autre laisse une recrue passer un coup de fil en douce à son épouse qui vient d’accoucher.

En voulant dénoncer l’endoctrinement, la série ne s’est-elle pas prise à son propre jeu ?

Comme une personne prisonnière d’une relation toxique, elle et son personnage principal cherchent des justifications aux maltraitances et aux horreurs montrées : oui, c’était dur mais je me suis endurci, je sers ma patrie, je me suis fait des frères et je suis tellement heureux. Les sales coups de Sullivan (un instructeur) visant Cope (personnage principal) ne sont pas le fruit d’un esprit malade, c’était pour « l’aider ».

D’ailleurs, la saison se termine bien. Contrairement à Full Metal Jacket, le message serait plutôt : supporter les coups, les humiliations, les maltraitances, les manigances perverses de Sullivan, bref, endurer la violence du système, ça en vaut la chandelle.

Le message final : les moments inoubliables que Cope a vécu et la « famille » qu’il s’est trouvée le décident à rester dans le placard pour le restant de ses jours.


Résultat : la série ne plait ni un public conservateur ni à un public plus woke.

Avatea
4
Écrit par

Créée

le 12 janv. 2026

Critique lue 160 fois

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