Être fan de Jisoo (c'est ballot, je préfère Lisa et Rosé) , être une fille âgée de 12 à 25 ans et se contenter d'une histoire pauvre, ne devrait peut-être pas suffire à faire apprécier ce drama, qui va se relever être d'une pauvreté affligeante sur tous les points. Mais c'est surtout un sentiment de gêne et de malaise qui va se dégager. Cette série est d'une superficialité déconcertante, alors que, encore, on avait un sujet en or à développer; à savoir le traitement de la misère sentimentale et sexuelle, et le statut de célibataire en Corée du sud. On aurait pu le faire avec de l'humour et des dialogues croustillants, une belle histoire, mais visiblement le scénariste avait dû avoir piscine. Le pire c'est que sur les 10 épisodes, 5 peuvent facilement finir à la benne, étant juste là pour remplir le vide. Boyfriend on Demand est une série qui ne vend pas du rêve mais du vent. J'ai quand même réussi l'exploit à aller au bout de l'ennui. (mon côté maso a pris le dessus)
Seo Mi-Rae(Kim Ji-Soo) travaille comme agent et productrice de webtoon. Célibataire depuis plus de 3 ans, c'est une jeune femme de 30 ans repliée sur elle même. Son travail vient combler son manque affectif. Mais un jour on lui propose de devenir d'être beta testeuse d'un appareil de réalité virtuelle appelé "Boyfriend on Demand". Celui-ci permet en effet de stimuler et de lui offrir des romances virtuelles, en fantasmant sur des hommes parfaits à portée de main. Cette expérience doit libérer la dopamine endormie chez son utilisatrice afin qu'elle se mette en quête d'un prétendant dans le monde réel. Dans sa boite, son principal rival est Park Gyeong Nam(Seo In-Guk), un homme aussi célibataire et plutôt réservé. Il est très professionnel, apprécié du boss, mais Mi-Rae ne peut pas le voir en peinture. Elle est très distante avec lui, alors que Gyeong Nam, malgré son air impassible, ne semble pas être indifférent au charme de Mi-Rae. Est-ce que la réalité prendra le dessus sur la simulation?
Le premier sentiment qui vient à l'esprit quand on commence à regarder, c'est la pauvreté du scénario. Il ne se dégage rien de concret pendant près de la moitié du drama, on est pas loin de l'encéphalogramme plat. L'idée de départ autour de cet appareil de réalité virtuelle qui vient supplanter l'absence d'un partenaire réel pour X raisons pouvait sembler intéressante, mais elle est très mal exploitée. Et la première question qui m'est venu c'est : si c'était le contraire qu'on avait exposé, à savoir un mec qui vient rechercher des "bombes" pour se faire du bien, n'aurait-on pas vu une levée de boucliers des néo féministes? D'ailleurs pourquoi cet appareil est destiné uniquement aux femmes? Perso ça me dérange en tant que mec. Il aurait été plus judicieux de présenter cet appareil destiné à toutes les orientations sexuelles, et ensuite acter le fait que Jisoo cherchait une romance "classique". Étrange de la part de Netflix qui se veut en plus le chantre du progressisme. La première partie du drama n'est qu'un prétexte pour nous exposer un défilé de mode des plus beaux gosses actuels des dramas coréens, Seo Kang-Joon se taillant la part du lion, tous les autres n'étant là qu'en guise de cameo. Là aussi, retournons la pièce, genre Seo In-Guk qui passe en revue un catalogue des 8 plus belles actrices du "game", vous croyez sérieusement que le politiquement correct laisserait passer? Sexiste non? Et pourquoi pas là?
Voilà ce que raconte la moitié du drama: Mi-Rae est une pauvre fille qui a une VDM et qui passe ses soirées à fantasmer sur des beaux gosses sur cet appareil. Et son partenaire de jeu Gyeong Nam que fait-il en attendant? Rien, il attend, on ne les a pas mis encore en interaction. Non, ce n'est pas une blague. Vu qu'il n'y aucune transition ni fil conducteur durant ces 5 premiers épisodes affligeants de bêtises et de médiocrité, on compte les moutons. On se croirait dans un espace publicitaire. Est-ce la machine qui va pousser Mi-Rae à faire le premier pas vers un mec? Non, c'est par la plus improbable des manières, une phrase venue de nulle part, qui constitue pour moi le seul et unique rebondissement du drama, c'est pour dire l'intensité:
Durant le 5 ou 6eme épisode(je me souviens plus bien), Gyeong-Nam va prendre son courage à deux mains et avouer à Mi-Rae qu'il a des sentiments pour elle depuis plusieurs mois. Une déclaration sortie de nulle part.
Mais ça sort d'où ça? Il n'y a eu aucune prémisse avant. Et là, comme par magie, Mi-Rae va changer de comportement. Ça sonne complètement faux. A partir de ce moment, on commence à développer une romance totalement artificielle, mais qui rapidement sonne creux, vide, sans émotions et sans sincérité. Merde, pourquoi Seo In-Guk tire la gueule pendant tout le drama? Je ne l'ai jamais vu aussi mauvais, et comme Jisoo en face est aussi insipide, on a un couple qui ne dégage rien. Il y a aucune alchimie dans cette réalité qui apparait plus fictive que les rencontres faites dans la machine. Sur l'ensemble c'est assez pathétique, le pire étant que les autres comédiens sont peu ou très mal employés. Jisoo a un temps d'apparition à l'écran qui dépasse l'entendement. Toute la série est focalisée sur elle, je n'ai jamais vu ça. Tout le monde est là pour lui servir la soupe. Niveau stéréotypes, clichés, propos simplistes et débiles, on est au taquet. En ce qui concerne une profondeur sur la problématique que j'ai évoqué en introduction, ne cherchez pas, c'est le vide sidéral. On est pas là pour réfléchir ni se divertir (je cherche encore de l'humour dans le drama) vu que le scénario tient sur une feuille de PQ.
Niveau crédibilité on repassera aussi: le lieu de travail est suréaliste (j'ai regardé plusieurs reportages sur le travail dans le monde du webtoon cela n'a rien à voir), Mi-Rae vit dans un appartement qui coûte 5 fois son salaire. On est souvent dans le bling-bling, l'opulence, et d'ailleurs le placement de produits de marques de luxe n'est jamais loin. Boyfriend on Demand est plus un enchainement de scénettes sans relief plutôt que la narration d'une histoire prenante. Il n'y a absolument rien de romantique, tout pue le fake à des kilomètres. On ne dénonce rien alors qu'il y avait tant à dire sur le sujet. Il n'y a aucune contre proposition amorcée. En fait, on dirait l'adaptation d'un webtoon pour gamines en live action, mais sans aucunes nuances. Vu qu'il ne se passe rien de palpitant, on aurait pu terminer l'histoire au 8ème épisode. Mais il faut remplir le cahier des charges, alors on brode avec le double virtuel qui nous balance des élucubrations digne des plus grandes puchlines de Jean-Claude Van Damme. Ce n'est pas seulement le "Boyfriend on demand" qui est superficiel, mais la série semble totalement être "matrixée". C'est prévisible, souvent mal joué, et dans un pays où la course à la performance et à l'individualisme sont des leitmotiv, cette série est complètement à côté de la plaque, dans un monde fantasmé.
Au final, c'est niais, plan plan et cela de dégage rien de probant. C'est 100% manichéen et puéril. Si encore c'était drôle, même pas. Certes c'est bien réalisé, malgré des transitions à la ramasse, mais attention, l'abus de CGI nuit à la santé. C'est souvent soporifique, on a l'impression d'être devant une vitrine de Noel: c'est beau, on regarde, et on passe à autre chose, parce qu'au final c'est mauvais. Mais qui peut croire que des canons ont besoin de ce genre d'appareil? C'est une œuvre sans âme, sans ambitions, et surtout sans émotions, parce que le scénario est lui aussi resté à l’état virtuel. Si le message que voulait délivrer le drama, c’était de savoir s' il vaut mieux accepter la réalité avec ses bons et mauvais côtés, plutôt que de se réfugier dans une utopie numérique en amour, c’est très maladroit et surtout très mal amené. Il y a un coté malsain aussi dans une société coréenne où les gens vivent de plus en plus en célibataire: c’est sur que vanter une telle machine de réalité virtuelle ne va pas éroder le phénomène bien au contraire, certains en redemanderaient. On passe à côté du sujet pour mettre en valeur un discours pompeux et une romance qui finalement apparait aussi fictive que celles qui sont proposées par la réalité virtuelle. Et si l'univers du webtoon vous intéresse, allez plutôt regarder le K-drama Today's Webtoon qui raconte vraiment une belle histoire. (si vous arrivez à mettre la main dessus)
Main Theme : Doyoung - What A Love
Additionnel OST: Woody - Home