Brain Works est une énième série policière composé par un duo que tout oppose. En l'espèce la série va nous amener à nous pencher sur le thème original de la neuroscience, sujet très peu abordé dans les K-dramas. L'idée est de faire coopérer un neuroscientifique de génie, spécialiste du comportement psychiatrique, avec un flic de terrain qui a de la bouteille, le tout au sein d'une unité de police scientifique nouvellement créée. L'histoire va s'articuler entre comédie souvent absurde, enquête policière teintée de thriller, drame humain, et même d'un soupçon de romance. Et on va vite le remarquer, on ratisse large. Mais Brain Works est avant tout là pour susciter si ce n'est de l'intérêt, du moins de la curiosité au sujet de l'interconnexion entre science et pragmatisme. C'est un drama humain sur le fond, mais qui manque de relief dans les moments clés. Ce qui l'empêche de se démarquer à cause d'une écriture un peu trop simpliste et facile.
Shin Ha-Ru(Jung Yong-Hwa) est un neuroscientifique, mais qui a un manque total d'empathie, s'étant lui-même diagnostiqué psychopathe. Faisant des recherches sur le cerveau, il pense pouvoir s'affranchir de toute règle et convention. Orphelin très jeune suite à l'assassinat de ses parents, également grands chercheurs, son cerveau s'est protégé en oubliant les détails de la scène d'assassinat. Après avoir été viré de son poste dans un grand institut, il finit par débarquer comme consultant dans un commissariat qui a mis en place une unité de police scientifique. Il deviendra en quelque sorte un profileur. Il va devoir faire équipe avec le détective Geum Myung-Se(Cha Tae-Hyun), un flic altruiste et bienveillant. Divorcé d'une femme nymphomane, et père d'une ado espiègle, c'est un enquêteur trop gentil mais très compétent. Ils sont aidés dans leur tâche par Seol So-Jung(Kwak Sun-Young), la supérieure de Myung-Se, mais secrètement amoureuse de lui. Tout en aidant la police dans des cas liés au psychisme des criminels, Ha-Ru verra aussi les ombres du passé resurgir.
Tout d'abord, ce qui est séduisant dans ce drama, c'est l'alliance du cerveau, avec Ha-Ru, personnage grandiloquent, et du cœur, avec Myung-Se, un flic très humain et à l'écoute des autres malgré sa maladresse relationnelle. Ces deux personnages forment un duo d'enfer, dégageant immédiatement une alchimie impeccable. Cha Tae-Hyun est un grand comédien qui n'a plus rien à prouver, et ici il excelle encore dans ce flic sympathique. D'ailleurs, j'ai trouvé que c'était lui , le véritable personnage central et le pilier émotionnel de la série. Jung Yong-Hwa est bon, même s'il est un peu trop théatral à mon goût. Le 3eme larron qui est So-Jung, va se transformer complètement après un accident, modifiant totalement sa personnalité, ce qui donnera lieu à des scènes comiques et absurdes et loufoques. A cela on peut ajouter la fille de Myung-Se et son ex femme, qui auront leur rôle à jouer, puisqu'elles ne font pas que tapisserie, et c'est vraiment appréciable. L'inénarrable Woo Hyeon viendra lui aussi apporter la touche comique dans le rôle de ce chef complètement à la ramasse.
On est dans une histoire avec un schéma de construction classique : des cas à résoudre avec le cerveau dans l'équation. En effet chaque crime est lié à à une anomalie ou une pathologie cérébrale réelle (aphasie de Wernicke, prosopagnosie, syndrome de la main étrangère, psychopathie, etc.). Le drama nous instruit finalement en nous proposant des enquêtes atypiques et variées. Si certaines sont intéressantes, d'autres sont un peu tirées par les cheveux ou vite expédiées. C'est assez inégal dans l'ensemble. La seconde partie est plus sombre, avec une partie dramatique, mais pas assez travaillée. Le fil rouge qui remonte à l'enfance de Ha-Ru est totalement artificiel, puisqu'on connait le coupable dès le départ, même si on veut nous inciter à douter. Mais c'est complètement raté. L’antagoniste, incarné par Jeong Dong-Hwan, est traité comme un Lord en prison, enlèvant toute crédibilité : sa cage dorée ressemble à une suite au Palace, avec deux geôliers qui ressemblent à des majordomes. C'est du grand n'importe quoi, c'est vraiment ubuesque.
Le gros problème de la série, c'est que tout coule sur nos héros, ils ne sont pas vraiment en danger. Il n'y a pas vraiment de suspense ni de rebondissement, ce qui est problématique dans une série policière. Seule l'histoire qui va impliquer Yi-Na est assez touchante, puisque la jeune comédienne nous livre une performance tout en retenue. Le harcèlement scolaire et moral est un sujet lourd, mais elle réussit à retransmettre la détresse, l'isolement et la honte, sans tomber dans le mélodrame excessif. Son jeu tout en retenue rend sa souffrance d'autant plus réaliste et palpable. Malheureusement le final sombre dans le grand n'importe quoi qui s'éloigne de la science pour tomber dans la science fiction parodique. Il y a aussi un peu trop d'excentricité dans des moments où cela ne le devrait pas. Un peu de lourdeur redondante aussi autour de l'ex femme de Myung-Se. Sur l'ensemble il faut reconnaitre qu'il n'y a pas trop de longueurs, sauf dans les trois derniers épisodes très plats.
Alors quel est le diagnostic docteur ? Porté par une belle alchimie de groupe et un casting de qualité, le drama brille par son humanité et sa bienveillance (incarnée par le personnage du flic), et son virage émotionnel réussi à l'épisode 12 quand sa fille est touchée directement par une affaire. Mais c'est parfois caricatural, avec certains cas qui font office de bouche trou. Niveau intensité, c'est un encéphalogramme plat avec des twists téléguidés. Néanmoins, cela reste divertissant dans l'ensemble, instructif pour les novices que nous sommes, mais parfois la science s'éloigne par une partie romancée. On n'est pas dans un thriller psychologique crédible, on est devant une pièce de théâtre aux ficelles géantes où les acteurs font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur donne. Et le fil conducteur autour du psychopathe est complètement raté. Reste ce duo très attachant, ce qui fait du drama un divertissement sympa sans plus. Dispo sur Viki.
Main Theme: Kim Ki Tae - We are
Additionnel OST: Bernard Park - Maybe It's Love