Carnet de notes de l'observateur (une chronique à suivre)
C'était mes 32 ans et ma belle amoureuse que j'ai tant seriné au sujet du génie de Buffy, m'offre l'intégrale DVD, afin que je puisse lui montrer tout ça. Nous nous mettons donc à regarder la série, au rythme d'environ un épisode chaque soir. Et de temps à autre, quelque chose me frappe, ou nous interpelle tous les deux. Ce que je propose ici, c'est non pas une critique de la série, mais bien plusieurs, au fur et à mesure de nos observations.
Observation 1 : Tout était dans la première scène
(celle-ci est dédiée à Sylvain & Loïc)
On commence par le début.
Je revois pour la quatrième ou cinquième fois la toute première scène, celle qui ouvre non seulement l'épisode mais al série entière. Et, si l'on excepte le premier film assez raté des aventures de la chasseuse de vampires, on peut presque considérer qu'elle ouvre l'oeuvre d'auteur de Joss Whedon.
La scène est simple : reprenant les codes de l'horreur et de l'épouvante, on débute par une rue de nuit. Un bâtiment. C'est le lycée de Sunnydale. Ses couloirs éclairés parcimonieusement. Un couple d'ados. Une jeune file blonde innocente et un grand gars beau gosse et sombre. Tout porte à croire qu'il est le danger, la créature dangereuse qui va fondre sur la frêle jeune fille. Elle entend un bruit : "Il y a quelqu'un, non ?" Lui : "Voyons, non, il n'y a que nous." Le chasseur est prêt à se jeter sur sa proie. Mais c'est elle qui dit : "Ah oui ? Tant mieux."
Et elle se transforme soudainement en vampire et c'est elle qui l'attaque. Générique.
Certainement que vue d'aujourd'hui, cette scène a l'air plutôt banale. Pourtant elle annonçait tout ce que serait la série : les jeunes on va vous prendre tous les codes que vous croyez connaître et on va vous les renverser tout bonnement. Il sera question de cet âge de l'adolescence et de ce qu'on y traverse. Et surtout, ne vous détrompez pas : ici, c'est une série féministe, une série girl power. Ici, ce sont les femmes les meneuses.
Vous savez, il y a de ces gens (dont je dois avouer faire partie) qui jugent - à tort ou à raison - un livre à sa première phrase, à son incipit. Et l'on répète assez que c'est le passage peut-être le plus important de tout roman. Une bonne première phrase de roman contient toute l'oeuvre. Bon, on pourra discuter cette idée.
N'empêche, qu'en l'occurrence, cette première scène de Buffy, c'est très exactement ça. Oui, tout y est.
(à suivre)
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